Des dizaines de patients hémodialysés au niveau du centre d’hémodialyse de l’hôpital Mohammed Boudiaf de Bouira ont protesté, hier, au niveau dudit centre, pour réclamer l’amélioration de leur prise en charge.
Des conditions qu’ils jugent «dépassées», particulièrement face au manque d’hygiène, de moyens et d’effectifs médicaux spécialisés. Selon les protestataires, approchés hier sur place, ce centre accuse plusieurs «défaillances, pénalisant sérieusement les opérations de dialyses». Parmi les problèmes cités, ces malades chroniques avancent que le centre n’est pas alimenté «de manière sécurisée à l’eau potable», chose qui perturbe les opérations : «La station d’eau et la bâche à eau sont en panne depuis plus d’un mois. A chaque fois qu’il y a une coupure de l’alimentation en eau potable, les machines s’arrêtent. Parfois, nous sommes obligés d’attendre des journées entières pour pouvoir enfin passer au bloc. Cette situation est pénalisante, surtout que la majorité des patients doivent respecter leurs plannings d’hémodialyse», affirme M. Mouhoub kamal, l’un des patients protestataires. Ce dernier ajoute que les patients, réunis hier matin au niveau du centre en question, ont refusé de passer des séances de dialyse, en raison d’une coupure de l’alimentation en eau potable : «Nous souffrons de la dégradation de la prise en charge au sein de ce centre, qui manque énormément de moyens. Les appareils de dialyse sont usés et défectueux. Ils datent tous de 200. L’alimentation en eau potable, quant à elle, est souvent perturbée. Le centre est aussi surchargé, et ne peut plus prendre en charge convenablement plus de 240 patients. Il n’y a même pas un technicien spécialisé dans la manipulation des machines médicales, en plus de l’absence d’appareils de radio et d’analyse de sang. Nous sommes à chaque fois obligés de faire des radios ou des analyses chez des privés», a-t-il encore ajouté. A noter, enfin, que le directeur de l’hôpital est allé à la rencontre des protestataires. Une réunion élargie, regroupant les deux parties, s’est tenue, alors, au niveau du même centre. Le même responsable, qui a reconnu l’existence de certains manques au sein de ce service, a tenu à rassurer les protestataires. Selon-lui, le centre d’hémodialyse de Bouira «est actuellement en phase de restructuration et de réorganisation». Une opération lancée récemment, informe-t-il, notamment avec le recrutement d’un médecin néphrologue, installé en chef de service de ce centre : «Le médecin spécialiste a été installé récemment. Il assure des tâches médicales et organisationnelles. Nous avons aussi réussi à décrocher deux postes de techniciens, qui seront recrutés au cours de ce mois. Je m’engage aussi à régler le problème de l’alimentation en eau potable et d’hygiène au niveau de centre. Nous attendons aussi l’installation de quatre nouvelles machines, que nous avons acquises récemment», a-t-il déclaré à l’intention des protestataires. Le directeur de l’hôpital affirmera, par ailleurs, que les patients hémodialysés seront désormais entièrement pris en charge par l’hôpital : «Pour les analyses et les radios nécessaires pour votre traitement, je vous assure que vous aurez un accès en priorité à l’ensemble des services de notre hôpital. J’irais même jusqu’à formuler des instructions fermes dans ce sens», a-t-il ajouté.
Oussama K.

