Les conseils à mon fils pour devenir maire

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Premièrement, tu te décomplexes, puis tu mets la barre trop en haut, même en bluffant, et, ensuite, tu t’installes sur un piédestal, pour prouver que tu es le plus fort. Et ce n’est pas fini, il te reste du chemin à parcourir, il est fait de hauts et de bas, de sentiers inabordables et de ricochets, de contrepieds, de crochepieds, de feintes… Il ne faut surtout pas dévoiler tes atouts. Il arrive que tu désespères, puis l’espoir te revient, puis il repart, puis il revient, mais ne le perds pas de vue. Tu ne dois avoir l’œil que sur tes adversaires, sans perdre de vue ce que se disent tes amis. N’aie confiance en personne, même en tes compagnons de route. Il n’est certes pas facile de gagner des élections sans louvoiements, sans jeux de coulisses, sans fausses promesses. Il n’y a pas de vote biaisé, ni de dés pipés, tout ne se joue pas là où tu crois, le jeu est ailleurs et tu le sais bien. Sache surtout avoir la langue de bois, sans elle, tu ne peux rien atteindre, ni accomplir tes desseins. Tu dois être une chose et son contraire, une opinion et son revers, une idée et tous ses rouages, bons ou mauvais. Après seulement avoir maîtrisé et assimilé tous ces conseils, mets-toi à racoler la où la main passe et repasse, parmi les nigauds, les coquins, les vendables pour un sou, et les achetables pour un sourire. Ne t’inquiète surtout pour le résultat final dès lors que tes arrières et tes devant sont sous surveillance. Mais tu dois faire très attention aux retours de manivelles, elles sont imprévisibles, inopinées, et arrivent souvent par surprise. Tu dois absolument tout prévoir, même lorsqu’une tuile te tombera sur la tête, tu dois faire semblant que c’est une crotte de pigeon qui a atterri sur ton chef, et que c’est sans gravité. Et, ainsi, tu seras inévitablement un bon P/APC mon fils.

S. A. H.

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