Réactivé par le président de la République à l’occasion de son discours du 23 février dernier, le rôle que devrait jouer la Tripartite, regroupant la Centrale Syndicale UGTA, le Partronat et la Chefferie du gouvernement, paraît de plus en plus problématique, et ce suite aux déclarations contradictoires de certains ténors de l’organisation de Sidi Saïd au sujet de la date de la tenue de ce forum social. En effet, M. Abdelkader Malki, secrétaire national de l’UGTA chargé des relations extérieures, dans une déclaration reprise par le quotidien « El Khabar » de jeudi dernier, affirme que la Tripartite ne peut pas se réunir avant la rentrée sociale, c’est-à-dire septembre 2006, en raison de la non finalisation du travail initié par les commissions mixtes instituées l’année passée et dont le sujet principal est lié à la révision de l’article 87 bis de la fonction publique et aux préparatifs des termes du Pacte social tant réclamé par toutes les parties. M. Malki évoque la possibilité d’une réunion préparatoire de la Tripartite en avril prochain pour mieux s’entendre sur l’ordre du jour de la réunion officielle de l’automne 2006. Le responsable syndical ajoute que le Congrés de l’UGTA aura lieu après la tenue de la Tripartite. La Commission exécutive nationale (CEN) se réunira juste après le regroupement préparatoire de la Tripartite prévue en avril. Vingt-quatre heures après ces déclarations de Abdelkader Malki, un autre responsable de la Centrale syndicale, en l’occurrence M. Ali Merabet, secrétaire national chargé de la Fonction publique, envoie un autre son de cloche. Dans une déclaration reprise par la radio nationale chaîne I, M. Merabet affirme avec assurance que la Tripartite se tiendra en avril prochain et que les travaux des Commissions, enclenchés il y a plusieurs mois, sont bien avancés. Il laissera entendre par ailleurs que les déclarations renvoyant la Tripartite à la rentrée sociale n’engagent pas le syndicat. En tout état de cause, cet imbroglio relatif au calendrier de la tenue de la Tripartite et de la signature d’un Pacte social reflète, on ne peut mieux, le malaise latent au sein de la Centrale syndicale à propos d’un rendez-vous jugé décisif sur les plans politique, économique et social par les observateurs de la scène nationale. L’arbitrage du président A. Bouteflika, le 23 février dernier, qui penche pour les thèses du chef du gouvernement en matière de politique salariale, n’est pas fait pour arranger les calculs du syndicat- qui nourrirait le secret espoir de décrocher au moins une augmentation « symbolique » des salaires, ni, à fortiori, les élans populistes du FLN et du MSP.
Amar Naït Messaoud
