Siège du groupement de la Gendarmerie nationale de Chéraga, jeudi à l’heure crépusculaire. Dans la cour, des objets récupérés sur des délinquants dans l’opération qui a débuté dans la journée étaient étalés sur une table : bombes lacrymogènes, une décharge électrique, des couteaux. Un passeport malien, un autre camerounais et deux autres nigérians ont été récupérés ; ils étaient falsifiés. Dans son exposé, l’officier nous dira que la bombe lacrymogène a été récupérée sur un individu qui prétend la détenir pour sa défense personnelle, mais l’appareil de décharge électrique récupéré sur lui ne prouve nullement ses dires. “L’appareil est très puissant, une éventuelle exposition prolongée peut mener la personne jusqu’à un arrêt cardiaque”, nous a déclaré l’officier.L’opération qu’ont menée les hommes en vert dès 13 h ce jeudi, a vu l’implication des éléments de la Gendarmerie nationale d’Alger sur tout le territoire de leur compétence ; plusieurs localités étaient au menu : Dely Brahim, Bainem, Bouchaoui, Chéraga, Ouled Fayet, etc.
… Cannabis, pétards et immigrants clandestinsNous poursuivons notre route vers les Eucalyptus. Arrivant à la cité Ouled El Hadj, les éléments de la gendarmerie étaient déjà sur place. Cet endroit est réputé pour être un lieu de criminalité par excellence. Première arrestation, un individu que les gendarmes ont interpellé s’enfuit, en les voyant, il jette près d’une dizaine de morceaux qui étaient sur lui. Intercepté par les gendarmes, ils ont récupéré le canabis jeté. Aussitôt, il est embarqué. Son frère se présenta alors, suppliant les gendarmes de le relâcher “il est père de trois enfants’’, leur dit-il. En insistant, il a fini par être embarqué avec son frère, “l’individu arrêté est un agent de sécurité et père de trois enfants”, nous dit-on En ces temps où le jour cède sa place à la nuit, les lieux sont livrés à des actes et des pratiques dissuadant toute animation. L’ambiance de la journée a perdu de son intensité, quelques commerces étaient encore ouverts, les vendeurs installés sur les trottoirs y sont le décor prédominant. Nous quittons ce quartier pour nous retrouver quelques instants plus tard, au lieudit Les Cinq doigts. Le décor n’y diffère pas. Dans ce quartier populaire, l’animation est aussi relative ; des jeunes installés derrières leur tables, vendant qui des cigarettes, qui des bonbons et qui des cacahuètes. Les gendarmes procèdent à une fouille minutieuse. Chien renifleur en laisse, ils tentent de détecter d’éventuelles substances. La fouille est exercée aussi bien sur des personnes que sur leurs tables et comptoirs de vente. Un jeune assis derrière son comptoir est fouillé, le fond de son comptoir de fortune également. Chaque chose y était inspectée de près. Une multitude de sachets et d’autres objets…… »C’est quoi ça ? » dit le gendarme, tenant sa torche en main et tirant un sachet contenant une substance. Après constatation, la substance s’est avérée être du tabac. « On t’a inquiété ? » lui dit le gendarme, voulant détendre l’atmosphère. « Non, vous m’avez juste fait peur » répond le jeune. Un élément des hommes en vert fouille par là, un autre inspecte par-ci, un jeune est fouillé par-là et un autre fait l’objet de contrôle d’identité par-ci. A quelques pas de là, une R19 de couleur blanche est stationnée. A l’intérieur, trois individus sont interceptés. Les gendarmes leur intiment l’ordre de descendre, on les fouille, ainsi que leur véhicule, mais rien à signaler. Nous arrivons au siège du groupement de Dar El Beida, des objets et de la marchandise saisis dans l’opération du jour sont aussi exposés sur des tables, dans la cour du siège du groupement local. Ici, les éléments des brigades locales ont récupéré durant leur descente des produits prohibés, ainsi que quatre sortes de pétards, soit près de 3 000 sachets. A l’approche du Mouloud, leur commercialisation est très répandue et leur détention fait souvent infraction à la loi, d’importantes quantités sont alors fréquemment récupérées. Aussi, des armes blanches, des couteaux et des canifs de différents types et tailles, des matraques de diverses sortes ont été confisqués. En outre, des passeports falsifiés de ressortissants africains en situation irrégulière ont été saisis. Plus bas dans la cour, six Africains ont pris place ; ils ont été arrêtés au cours de la descente.Interrogés sur leur présence sur le territoire national, l’un d’eux évoque un problème de papiers qu’ils attendent…La plupart d’entre eux sont de passage pour les pays européens. L’individu interrogé voulait donner l’image de quelqu’un qui se conforme à la loi. “Mais pourquoi vous avez fui en escaladant le mur en voyant les gendarmes’’, lui dit l’officier “il y avait une panique générale chef, je ne savais pas de quoi il s’agit”, lui répond-il.Si ce clandestin répondait aux questions, un autre ne voulait rien dire avant de manger, un troisième encore ne voulait rien dire avant de fumer quelque chose de puissant… Le bilan de l’opération menée par 700 gendarmes et 14 groupes cynophiles s’est soldé par 1 490 interpellations. 27 personnes sont gardées à vue dont 14 étrangers. 61 PV ont été rédigés à leur encontre et 1 402 personnes relâchées. Les gendarmes ont également saisi du canabis, près de 3000 pétards, un sabre, 21 couteaux, 6 bombes lacrymogènes, 3 gourdins, 2102 CD, 2 DVD, 718 cassettes audio, 6 000 sachets de tabac et 1 400 kg de viande blanche. Parmi les infractions relevées, l’immigration clandestine, faux et usage de faux, détention de produits pyrotechniques. Egalement et concernant les mandats de justice, on trouve la détention d’armes blanches et défaut de facturation ainsi que d’autres mandats.
Naima B.
