Le coup de starter de la campagne oléicole, version 2017/2018, vient d’être donné dans la commune de Tibane. Comme à l’accoutumée, le démarrage de la récolte dans cette région d’Ath Ouaghlis intervient avec plusieurs semaines d’avance sur les autres localités de la vallée de la Soummam. «Nos connaissances empiriques et notre capital expérience, acquis depuis plusieurs générations, nous ont enseigné à nous prendre juste à temps aux oliveraies. Si l’on récolte le fruit précocement, on aura un rendement des plus chiches. A contrario, si on diffère le ramassage, la surmaturation, voire le pourrissement des olives, engendrerait, inéluctablement, la dégradation de la qualité de l’huile extraite», explique un paysan de la région. Les exploitants de Tibane, à l’image de ceux des communes limitrophes, comme El Flay et Tinebdar, tablent sur une récolte au ras des pâquerettes. «L’olivaison s’annonce courte et le bilan maigrichon», prédit un citoyen du village Ath Daoud, propriétaire d’un verger oléicole. «Nos oliviers subissent de plein fouet le contrecoup de la sécheresse et des épisodes de canicule. Cette saison est pire que la précédente, car, non seulement, la fructification n’est pas au rendez-vous, mais les baies arrivées à maturité déclinent un aspect flasque et ratatiné, ce qui est synonyme d’un rendement dérisoire», dira, avec des relents d’amertume, un fellah de Tibane. Eu égard à tous ces parcours d’olives impactés par le manque de pluviométrie, les paysans affichent grise mine : «C’est comme une malédiction qui tombe sur nos têtes. Nous avons, à la fois, les effets pervers de Dame nature et l’action dévastatrice des incendies à répétition. Ça fait mal au cœur d’assister, impuissants, au dépérissement de ce patrimoine, qui représente une partie de nous-mêmes», lâche, sur une pointe de dépit, un sexagénaire. «L’avenir de la filière s’annonce plus sombre que jamais. Le salut ne viendra que du ciel», conclut-il, le vague à l’âme.
N Maouche.
