Bouira Bras de fer entre le collectif autonome des étudiants et l’ONEA – C’est la confusion à l’université !

En réaction à la grève de l’ONEA (Organisation nationale des étudiants algériens), le collectif autonome des étudiants de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira est monté au créneau pour dénoncer «les graves dérives de cette organisation».

En effet, c’est dans une déclaration rendue publique mercredi, dont une copie nous a été transmise, que les étudiants du collectif autonome ont dénoncé ce mouvement de grève, qui paralyse l’université depuis dimanche dernier. Dans la même missive, le collectif autonome s’interroge sur la nature des revendications avancées par l’ONEA, les qualifiant d’«illogiques et de floues». Plus loin dans cette déclaration, les rédacteurs accusent ouvertement cette organisation de défendre des revendications et des intérêts personnels non-déclarés : «Cette organisation veut tirer des ficelles et des intérêts très restreints, à travers ce mouvement de grève illégitime et imposé par la violence et les dépassements contre nos étudiants, qui n’ont jamais été consultés ou informés de cette grève, ni des revendications. Ces agissements, souvent violents et injustifiés, nous rappellent des évènements douloureux qu’a vécus notre université et interpellent vivement les consciences sur l’urgence d’une solution rapide et objective», lit-on dans cette requête, également transmise au recteur. Le collectif autonome des étudiants dénonce, aussi, le blocage de l’ensemble des facultés et même du nouveau pôle universitaire par cette même organisation, qui n’a pas pu, selon eux, faire adhérer les étudiants à ce débrayage : «Après avoir fermé l’ensemble des facultés par la violence et le mépris à l’égard des étudiants, cette organisation est allée très loin, en bloquant les entrées du nouveau pôle universitaire, en interdisant ainsi aux étudiants d’y accéder. Beaucoup de dépassements ont été signalés par les étudiants, qui se sont retrouvés victimes d’insultes et même parfois d’agressions morales et physiques, perpétrées par les membres de cette organisation satellite. En réalité, c’est le seul moyen dont dispose cette organisation pour faire respecter le mot d’ordre de grève, car les étudiants n’ont pas été consultés en premier, et, ensuite, ne sont pas convaincus de l’utilité de cette grève, qui risque de pénaliser sérieusement le déroulement de l’année scolaire !», ont-ils ajouté. Le collectif autonome des étudiants appellera l’ensemble des étudiants à rejoindre normalement les salles de cours à partir de dimanche prochain, tout en évitant la confrontation avec les membres de cette organisation. Contacté par nos soins, le Recteur de l’université de Bouira, Pr Moussa Zireg, lancera un appel en direction de l’ensemble des étudiants pour «le respect des franchises et des valeurs universitaires, en favorisant le dialogue et la concertation, et à éviter toute sorte de violence ou de confrontation». Le Professeur Zireg affirmera, également, que l’ensemble des doyens et des directeurs de l’université sont disposés à débattre ouvertement des problèmes soulevés par les étudiants et les organisations estudiantines : «La fermeture et le blocage par la force des départements et des salles de cours ne sont une méthode pour exposer des préoccupations. Nous avons toujours été ouverts au débat et au dialogue avec les représentants des étudiants, qui peuvent, en toute liberté, exposer leurs préoccupations et revendications. Nos doyens et nos responsables sont aussi disposés de débattre avec nos étudiants et travaillent pour solutionner certains manques. Nous favoriserons toujours le dialogue constructeur, mais nous n’hésiterons pas à appliquer la réglementation en cas de dépassements ou de violences» avertit, en substance, notre interlocuteur.

Oussama Khitouche