Avec l’approche de l’hiver, les habitants d’Aït Yahia Moussa doivent encore prendre leur mal en patience, puisque le projet de raccordement au réseau de gaz naturel s'éloigne un peu plus.
En effet, cela fait maintenant près de trois (3) ans que la réalisation de la conduite principale est remise aux calendes grecques. Les travaux sont à l’arrêt depuis juillet 2015. «Dans les villages, pratiquement tout le réseau de distribution est achevé. Mais, est-ce qu’on peut se chauffer si la conduite principale n’est pas réalisée?», s’interroge le président du comité de village. D’aucuns estiment que cette commodité ne sera pas reçue pour cet hiver, ni peut-être même pour le prochain. «Il faudrait au total dix-sept (17) kilomètres de tuyauterie à raccorder dans un relief accidenté afin de construire 4 postes de détente. Ce n’est pas du tout facile avec ces temps de crise, quand on sait que des projets sont gelés faute de financement», estimera un cadre dans une entreprise privée. Ainsi, la question à propos de ce retard a été posée à tous les candidats venus promettre le changement. «Aucun candidat n’a répondu de manière objective. Chacun d’eux a essayé de jeter la responsabilité sur le dos de l’exécutif sortant. Vraiment, nous n’avons pas entendu des réponses claires», nous répondra un citoyen du chef-lieu communal. Et de se demander: «reste-t-il encore un seul chef-lieu communal où le gaz naturel n’est pas arrivé ? Sauf le nôtre. On dirait que c’est une sanction à l’encontre de cette population. Pourtant, nous sommes la région qui a peut-être le plus de martyrs». Effectivement, en 2017, au moment où l’on parle du raccordement de milliers de foyers durant ce mois, Aït Yahia Moussa ne figure pas sur l’agenda. Aussi, les citoyens de cette commune déshéritée et rurale sont dans l’expectative. «Il faut mobiliser toute la famille pour ramasser du bois sec car, il me semble, que l’hiver de cette année sera rude», nous dira un habitant d’Iâllalen. Ce qui risque d’aggraver la situation de ces montagnards est que même le gaz butane n’arrive pas en quantité suffisante dans les villages si bien qu’il faudra, parfois, se rendre à Draâ Ben Khedda ou encore à Draâ El-Mizan pour s’en approvisionner, moyennant le frais de son transport. Alors que dans certaines localités de la commune, il est vendu à 300 dinars la bonbonne de gaz, avant les chutes de neige. En définitive, les comités de villages interpellent encore une fois les responsables à tous les niveaux pour débloquer cette situation qui n’a que trop duré.
Amar Ouramdane

