Le vice-président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), Moussa Yakoub, a fait savoir, hier à Alger, que plus de 79% des dérives enregistrées durant la campagne électorale sont liés à l’affichage anarchique. «On a enregistré 545 interventions suite à l’affichage anarchique, ce qui représente 79, 56% de l’ensemble des dérives enregistrées lors de la campagne électorale», a indiqué M. Yakoub lors de son intervention sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale. Il a fait état d’autres infractions liées à l’atteinte à certaines constantes, à l’exercice de la violence, à la phase de révision des listes électorales, et aux faux et usage de faux pour certains candidats. «Toutes ces infractions, notamment celles à caractère pénal, ont été portées à la connaissance des Procureurs généraux compétents», a précisé M. Yakoub. Cela dit, ce dernier a tenu à souligner que la campagne électorale a été plutôt «calme» et caractérisée par «la maturité politique des candidats en lice». En ce qui concerne la surveillance des élections, M. Yakoub a souligné que cela ne relève pas seulement de la HIISE : «Nous avons des prérogatives, mais nous sommes pas le seuls à surveiller le processus électoral. Certes, il y a la HIISE, mais il y aussi les tribunaux administratifs, les tribunaux ordinaires et les commissions électorales», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Notre rôle est de surveiller la révision des listes électorales, de vérifier que les candidats au scrutin disposent des documents nécessaires pour y prendre part et que les droits des électeurs et des partis politiques y prenant part soient respectés». Au sujet de la compétence déléguée aux tribunaux administratifs d’assurer le contrôle et l’assentiment des candidatures aux élections, il dira : «Nous respectons la loi». Il a mis en avant, dans ce sillage, la nécessité de renforcer le rôle de la HIISE concernant la surveillance du processus électoral. «C’est l’administration qui gère l’acceptation et le rejet des candidatures, ce qui est un problème très important. Donc, on doit nécessairement réviser la loi sur ce point pour donner accès à la HIISE d’avoir un regard de contrôle sur l’administration», a-t-il plaidé. Questionné sur les vides juridiques qui entourent les prérogatives de la HIISE, le même responsable a indiqué que «toutes les lacunes et les insuffisances sont mentionnées dans le rapport qui a été soumis au président de la République». Sur la possibilité de mettre en place un fichier national des électeurs, mis en avant par plusieurs partis politiques, le vice-président dira : «Pour ce faire, il faut réviser la loi».
Samira Saïdj
