Aïn El Hammam – La tension persiste sur le lait

La population de Aïn El Hammam subit un véritable dictat que lui imposent les laiteries par le biais des distributeurs.

En effet, tout le monde se plaint sans qu’on arrive à savoir d’où vient le problème. «On ne cesse de comparer Michelet à d’autres régions, où même si on constate sporadiquement un manque de ce produit, la tension est loin d’égaler celle qui prévaut chez nous», témoigne un habitant de Aïn El Hammam. Les éventuels demandeurs d’agrément, pour procéder à la distribution et palier de la sorte cette insuffisance, sont rabroués par les producteurs. Ce monopole ouvre, en effet, la porte à tous les abus. Forts de leur position, certains distributeurs ne se gênent pas, allant même jusqu’a imposer aux commerçants des produits qu’ils achètent en plus du lait. «Non seulement on nous revend le lait au prix de détail, mais aussi on nous impose des fromages d’autres marques, du jus invendable et autres», nous confie en aparté un détaillant. Au centre commercial de la ville, les chaînes, sous l’œil dédaigneux de certains, se forment et se reforment, le temps de liquider la cargaison du camion arrivé la veille. Si la cohue des derniers jours est maintenant remplacée par une longue file de plus de cent mètres, la quantité du produit, mis en vente, est, en revanche, loin de satisfaire ces centaines de consommateurs qui lorgnent vers les sachets, dont ils ne pourront pas prendre possession. Frustrées, plus de cent personnes sont reparties bredouilles, ce mardi matin, après avoir patienté plus d’une heure. «Dites aux futurs élus de se pencher sur la mal vie des citoyens qui n’arrivent pas à avoir normalement un sachet de lait. Rapportez nos propos pour que tout le monde sache que des gens se sont battus pour ce produit», dit un habitant. Des altercations sont, en effet, courantes parmi les «chaînards» et, parfois même, avec les employés dépassés, oubliant le respect qu’ils doivent aux clients. Les différentes péripéties, vécues par les clients et les consommateurs, sont consignées dans une pétition destinées aux autorités, pour leur demander de «réguler le marché». Au moment où le citoyen doit se focaliser sur des problèmes plus importants, ne le voilà-t-il pas en train de focaliser toute son attention sur des tourments terre-à-terre, dont il pourrait aisément se passer.

A. O. T.