Les moins de vingt ans n’ont aucun souvenir du marché hebdomadaire de Boudjima qui se tenait tous les jeudis.
Cet espace ancestral qui a animé l’activité marchande durant plusieurs siècles a disparu sous le béton des cités et des bâtiments qui ont poussé comme des champignons. Quand ce marché grouillait encore de monde, la commune de Boudjima était une véritable plaque tournante où s’effectuaient tous les échanges commerciaux. Aujourd’hui, après près de deux décennies, la localité, autrefois paisible et prospère, est devenue le lieu de tous les vices. Le seul commerce prospère sur les décombres du marché hebdomadaire est sans conteste celui de la drogue et des stupéfiants. Sur les lieux, les jeunes que nous avons abordés n’ont aucune idée de ce qu’était ce lieu. Des magasins et de nombreux cafés maures ont remplacé le marché. Beaucoup se souviennent encore des brocanteurs venus de toutes les régions d’Algérie voire du Maroc et de la Tunisie. Jadis, les maraîchers qui venaient dans ce lieu proposaient des mets que les paysans locaux ne récoltaient pas dans leurs champs. En échanges de ces produits comme les parfums, les tissus et autres, les paysans locaux offraient leur olives, huiles et autres produits du terroir. Ceux qui étaient aisés se permettaient même d’acheter au lieu de troquer. De nos jours, le seul espace rescapé de la modernité abrite actuellement quelques étals de fruits et légumes et des marchands de vêtements. Ceux-là sont sur les lieux tous les jours et pas uniquement les jeudis. Pourtant, cet espace peut constituer une source de financement non négligeable pour les recettes de la commune. Les différentes assemblées qui ont laissé filer ce marché sans agir, portent aujourd’hui l’entière responsabilité. L’usure s’est étalée sur plusieurs décennies sans qu’aucun n’ait pensé à son aménagement. Pourtant, les recettes peuvent financer plusieurs petits projets. Ces rentrées hebdomadaires, de l’avis de plusieurs élus, peuvent assurer le financement des cantines scolaires du cycle primaire qui dépendent des communes. Si ce marché était encore là les écoliers de Boudjima n’auraient pas passé un mois sans déjeuner.
Akli N.

