Les habitants de la cité Maâmar sur la RN25, à 7 kilomètres à la sortie de Draâ El-Mizan vers Tizi-Ouzou, vivent dans des conditions extrêmement difficiles notamment ces derniers temps avec les chutes de pluie. Au total, plus de 70 familles attendent toujours leur relogement dans des logements décents. Certes, après de nombreuses démarches, les pouvoirs publics leur ont inscrit un projet dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire, dont les travaux ont été lancés en 2012 dans un site à Draâ El-Mizan qui se trouve sur la RN30 en allant vers Boghni, mais malheureusement, le projet est resté à la traîne durant des années. «Au départ, les responsables locaux avaient opté pour la construction des logements sur le même site, mais comme les expropriés ont exprimé leur opposition, cette variante a été abandonnée. Alors, ils ont décidé de construire ce projet de 76 logements à Draâ El-Mizan. Juste après son lancement, le marché a été résilié par l’entreprise. Si une partie a été relancée, l’autre est toujours à l’arrêt», expliquera un membre actif du collectif des habitants. Celui-ci reviendra sur la genèse de l’histoire de cette cité : «Notre cité ne relève pas des cités de recasement comme les autres. Elle a été construite au lendemain de l’Indépendance sur ce terrain suite aux accords d’Evian relatifs à l’indemnisation des familles dont les maisons étaient rasées puis relogées. Nous sommes tous venus d’Imzoughène. Comme dans notre village il n’y avait pas un terrain susceptible d’accueillir ledit projet. Les autorités de l’époque avaient opté pour celui-ci. En principe, nous ne devrons pas être déplacés ailleurs parce que la loi 01/81 du 07/02/1981 nous accorde le droit d’acheter les terrains. J’ajouterai aussi que le CTC en 2003 après le séisme de Boumerdès avait décidé seulement la restauration de ces habitations et non leur démolition. Donc, ce n’est pas de l’habitat précaire. Pourquoi alors avoir décidé de déplacer les familles à Draâ El-Mizan ?» S’interroge-t-il. Et à un autre d’ajouter : «Comme on voyait que le projet destiné à notre relogement n’avançait pas, nous avons alerté à plusieurs reprises les responsables locaux en allant jusqu’à fermer la RN25 au niveau de l’APC, on s’est entendu à ce que ces logements RHP en cours de réalisation sur le site à Draâ El-Mizan soient transformés en logements sociaux parce qu’ils vont tarder à être réceptionnés et nous avons opté pour bénéficier des logements dans le programme des 1000 logements du président de la République dont les travaux ont avancé, juste à proximité du site. Ils nous ont même dit que nous allions les occuper avant la fin du mois de décembre. Cependant, on croit savoir que cela ne serait pas possible d’autant plus que ces logements ne sont pas raccordés au réseau d’assainissement. Même les divers travaux d’aménagement ne sont pas encore réalisés notamment l’assainissement qui pose un grand problème». Pour notre premier interlocuteur, selon les informations obtenues ici et là le transfert d’un quota des 1000 logements à leur profit ne serait pas encore signé. C’est dire que le bout du tunnel est encore loin pour ces familles. Cependant, il est à relever que ces habitants vivent dans des conditions qui frisent la misère. «Ce sont des habitations en parpaing. Elles ne répondent plus à nos besoins. Si au lendemain de l’Indépendance, les deux pièces étaient occupées par nos parents, aujourd’hui, nous sommes une dizaine de personnes à vivre dans ces deux pièces. Nous sommes dans une promiscuité indescriptible. Vraiment, c’est une misère totale. On aimerait bien du moins ceux qui souhaitent que l’Etat nous cède les terrains et nous accorde une aide de 70 millions de centimes parce que les habitations pourraient être réhabilitées au lieu d’occuper les F3. C’est-à-dire d’une promiscuité à une autre», estime un autre habitant accosté devant la cité. Les habitations sont décrépies et certaines d’entre elles ont perdu une partie de leur toiture. À cela s’ajoute le manque de certaines commodités dont le gaz naturel. «Nous souffrons du froid. Ces derniers jours, le mercure descend au dessous de zéro. Nous sommes des familles nombreuses. Un seul chauffage ne suffit pas. Même se chauffer au bois sec n’est pas donné à tout le monde. Nous n’avons pas assez d’espace pour avoir au moins où creuser l’âtre ou du moins un poêle à bois», constate un autre résident. Les habitants de cette cité interpellent les autorités locales à booster ces projets de logements afin de leur remettre les clés dans les plus brefs délais. «Nous craignons de ne pas sortir de cette situation de sitôt, selon nos informations, le projet des 1000 logements LSL n’est pas pour demain», concluent nos interlocuteurs.
Amar Ouramdane
