En l’espace de dix années, le secteur du transport dans la commune de Boudjima a connu une sensible régression.
Sans organisation des lignes de transport et l’inexistence de certaines, le secteur est livré à l’anarchie et au bon vouloir des «fraudeurs». Hormis Boudjima, aucune autre commune sur les soixante-sept que compte la wilaya ne demeure encore sans liaison avec le chef-lieu de la daïra. Mais hélas, à Boudjima, les citoyens n’ont à leur disposition aucune ligne de transport qui peut les relier au chef-lieu de leur daïra, Makouda. Lorsqu’une personne a un dossier administratif à se faire délivrer ou une réclamation au niveau du siège de cette circonscription, il doit s’attendre à un parcours du combattant. Le moyen le plus facile mais qui revient plus cher est de louer les services d’un taxi généralement fraudeur. Car ce service est inexistant dans la commune. Le fraudeur applique donc son prix, généralement variant entre 800 et 1000 dinars. C’est sans doute le moyen le moins utilisé à cause du tarif exorbitant. Le citoyen a alors une autre solution, plus lente et plus longue mais moins couteuse. Pour se rendre vers le siège de la daïra à Makouda, 20 km à l’ouest, il doit d’abord, aller vers la ville de Tizi-Ouzou, à une trentaine de kilomètre. Parvenir après avoir déboursé soixante dinars à la gare intermédiaire de Boukhalfa, le malheureux devra reprendre une autre ligne, celle qui relie Tizi-Ouzou ville à Makouda ou à Tigzirt. Il devra débourser encore cinquante dinars. La dernière solution, moins couteuse mais contenant le risque de ne pas réussir son pari, c’est de prendre un transport de Tizi-Ouzou et descendre à Tala Bouzrou. Mais là c’est un risque à prendre. Une fois descendu du fourgon qui relie Boudjima à Tizi-Ouzou, le voyageur devra attendre un hypothétique fourgon qui relie le village Tala Bouzrou vers le chef-lieu de la commune qui se trouve à Makouda. N’étant pas organisée, le risque de rebrousser chemin et retourner à la maison est grand. Face à cette situation, les élus actuels sont vivement interpellés pour trouver une solution. Organiser le transport de la commune devrait être la priorité de la prochaine assemblée communale de Boudjima. Bien-sûr même si elle n’est pas la seule à être impliquée, elle est la plus attendue sur le dossier car elle a été élue par les populations.
Akli N.

