à l’heure où la santé de proximité et l’accessibilité aux soins de base sont érigées en priorité par les pouvoirs publics, de larges pans de la société, notamment les populations rurales, en sont complètement dépourvus
De nombreux villages de la commune d’Ighil Ali sont, ainsi, confrontés à un véritable désert sanitaire, tant il vrai qu’ils ne disposent d’aucune couverture sanitaire, fut-elle des plus élémentaires. «Nous avons toujours vécu à l’écart de la civilisation. Nous ne disposons ni de maison de jeune, ni d’antenne administrative, et encore moins d’une structure de soins. A croire que nous n’avons qu’une existence formelle aux yeux de nos responsables», glapit une personne âgée du village El Kelaâ. «C’est à peine croyable de devoir en 2017 encore parcourir des dizaines de kilomètres, pour trouver un toubib ou un infirmier», souligne un autre citoyen de ce village reclus. D’autres villages, à l’image de Zina, Ilouguene et autre Ath Seradj, ne sont pas logés à meilleure enseigne, signale-t-on. Dans ces localités enclavées, l’accessibilité aux soins relève d’une douce chimère. «Depuis le temps où l’on nous rebat les oreilles avec ce concept de santé de proximité, nous n’avons encore rien vu venir», fulmine un retraité du village Tazla, où l’inquiétude des lendemains qui déchantent est dans tous les esprits. Même les villages qui disposent d’unités de soins se plaignent de l’irrégularité de leur fonctionnement et de leur sous-équipement. «Notre structure de soins n’est que l’ombre d’elle-même. Elle n’ouvre qu’à raison de 2 à 3 jours par semaine, pour offrir des prestations dérisoires», soutient un villageois de Belayal, indiquant que la population du village Takorabt n’est guère mieux lotie. «À force d’être désappointés, les gens ont acquis l’habitude de se rendre à la polyclinique du chef-lieu. D’autres acheminent leurs malades à l’hôpital d’Akbou», dira un citoyen d’Ighil Ali.
N. M.

