Ath Djellil – En attendant le gaz de ville – Un autre hiver dans le froid

Les villageois d’Ath Djellil, une commune de montagne aux hivers rudes, fondaient énormément d’espoir sur le projet de raccordement au réseau du gaz naturel, seul à même de leur épargner les vicissitudes du climat.

«C’est navrant de constater que les travaux ne reprennent pas, alors qu’ils ont été abandonnés voilà près d’une année maintenant», lâche sur une pointe de dépit un citoyen du village Aghvala. «L’hiver semble bel et bien installé. Toutefois, aucune lueur d’espoir ne se dessine à l’horizon pour nous délivrer de ce supplice qui nous mène la vie dure», enchaine un homme emmitouflé dans un burnous blanc. Quand l’hiver venait à déchainer ses rigueurs sur ces cimes haut-perché, c’est la paralysie. «Au plus fort de l’hiver, nous sommes souvent coupés du monde par le manteau neigeux qui enveloppe toutes les étendues. Nous sommes alors condamnés à nous terrer chez nous, en attendant une embellie», dira un habitant de la localité Tiguemounine. Bien des villageois d’Ath Djellil avouent appréhender avec une certaine dose de fébrilité la survenue de ces épisodes d’intempéries. Alors, on s’y prépare en conséquence avec de moyens souvent dérisoires. «Le souci majeur reste l’approvisionnement en gaz butane. La pénurie de la bombonne est un problème récurent. Même au prix fort, ce n’est pas évident d’en trouver», confesse un quadragénaire du village Awrir. Pour éviter d’être pris au dépourvu, d’aucuns se rabattent sur le combustible traditionnel qu’est le bois. C’est le cas de ce retraité de Milket, un village ouvert aux quatre vents. «On n’est jamais à l’abri d’une rupture de combustible. Pour éluder toute mauvaise surprise, on se chauffe exclusivement au bois en laissant le stocke en gaz butane pour les moments difficiles, quand la forêt devient inaccessible», souligne-t-il. «J’ai commencé à constituer mes réserves de bois, dès la fin de l’été. On n’est jamais assez prévoyant et quelque chose m’a dit qu’il ne fallait surtout pas compter sur le lâcher du gaz, pour se prémunir contre le froid polaire qui nous tenaille durant les longs mois de l’hiver», renchérit un autre habitant du village Tighzert.

N. Maouche