Des habitants de la commune de Taourirt Ighil ont bloqué, avant-hier, la RN12 à la circulation, au niveau du lieudit Lambert, pour réclamer «la suspension du nouveau P/APC, poursuivi en justice et condamné par le tribunal de Kherrata en date du 23 octobre 2017 à 3 ans de prison ferme et une amende de 300 000 DA, conformément à l’article 43 du code communal», expliquent-ils. Une requête déjà formulée par les six élus de la liste indépendante «Tadukli», qui avaient relevé des «irrégularités» lors du dernier scrutin ayant donné une majorité absolue à la liste du FLN. Des irrégularités constatées, précise-t-on, dans les bureaux de vote des villages d’Aguemoune et de Cheurfa, où «des inscriptions doubles sur le fichier électoral ont été relevées et des radiations enregistrées à l’insu des concernés. Des personnes étrangères à la commune ont voté à Taourirt Ighil, en violation de l’article 04 du code électoral, des personnes inscrites dans deux commune et probablement ayant voté deux fois, un nombre impressionnant de procurations a été enregistré dans les bureaux de vote d’Aguemoune et Cheurfa», assure-t-on. Les protestataires disent par ailleurs avoir, par le biais des élus de la liste «Tadukli», saisi, dans la nuit même de la proclamation des résultats préliminaires, le président de la commission électorale de la commune, «mais nos recours sont restés jusqu’à maintenant sans suite», dénoncent-ils. Pire que ça, indique-t-on, «le chef de daïra d’Adekar, malgré les dépassements enregistrés, a procédé, en catimini, le 10 décembre dernier, à l’installation du P/APC, en l’absence des élus de la liste «Tadukli», lesquels n’ont même pas été invités à y assister, en violation du code communal, article 64». Appelant le wali de Béjaïa à intervenir, les villageois mécontents de Taourirt Ighil réclament «l’application de la loi» à l’encontre du maire contesté. Il faut signaler que le siège de l’APC de Taourirt Ighil avait été mis sous scellés par des citoyens de la région, durant plusieurs jours. Il aura d’ailleurs fallu l’intervention des notables des villages pour contenir leur colère et éviter d’éventuels dérapages. La tension demeure très perceptible au chef-lieu communal de Taourirt Ighil, faisant craindre le pire.
D.S.
