Les parents, les maîtres aussi d’ailleurs, se plaignent de la façon dont est appliquée « l’évaluation continue », dans nos écoles. Une parente, enseignante de profession, ne sachant comment faire face à la demande de révision de ses enfants, se confie à nous : « Je n’en peux plus de les aider à préparer les devoirs et compositions. Ils viennent de faire la dernière composition, jeudi dernier (le 2 mars) et voilà qu’aujourd’hui, samedi (le 4 mars), ils se remettent à composer dans le cadre de l’évaluation mensuelle. Il faut dire que certains maîtres appliquent à la lettre les instructions qui préconisent une évaluation par semaine, en plus du devoir mensuel. Les intempéries, la neige particulièrement, ont perturbé les cours, durant le mois de février. Ce qui n’a pas permis aux enseignants de remplir les cahiers de notes. Faut-il, donc, rattraper les cours ou courir après les notes ? Apparemment, l’évaluation a pris le pas sur les leçons. Une observation à apporter constamment sur les bulletins. Je mobilise toute la famille et je ne m’en sors pas, car en plus de cette paperasse, je dois songer à préparer les leçons ». Au CEM, c’est le même son de cloche. Il n’est pas rare d’entendre les élèves dire : « Nous n’avons qu’une leçon à apprendre pour la composition ». Il arrive même que les questions portent sur les mêmes leçons lors de deux évaluations différentes. « Entre deux devoirs, nous avons tout juste le temps de faire une leçon », nous a confié cet enseignant. Cet autre professeur avoue que, pour remplir convenablement les bulletins, il a été obligé de faire le second devoir après les compositions. Il faut savoir, par ailleurs, que le devoir surveillé d’une heure nécessite une correction d’au-moins une heure et plus pour certaines matières. Deux devoirs et une composition représentent au moins six heures de temps. Six heures, c’est l’horaire de deux semaines de travail, en français et sciences et un mois pour d’autres matières. Si on prend en ligne de compte les vacances et autres fêtes, du trimestre, il ne restera pas grand chose. « Les maîtres ne peuvent pas faire l’impasse sur l’évaluation, c’est sûr. Mais une meilleure formule devrait être trouvée pour éviter de grignoter, chaque trimestre, sur les horaires impartis aux programmes et nous permettre ainsi de les terminer à temps », a conclu une maîtresse d’école.
Nacer B.
