Le mouvement de grève initié, avant-hier, à la reprise des cours, à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, au niveau du campus Hasnaoua, semble s’être propagé à Bastos.
Le portail de ce campus a été cadenassé hier de bon matin, empêchant l’accès de tout véhicule à l’intérieur de l’université. Ce qui dénote la propagation du mouvement initié, avant-hier, par les comités autonomes des étudiants. Notons, que pour la deuxième journée consécutive, le rectorat et le portail de l’université sont fermés. Et l’on est interpellé quant aux réelles motivations de cette grève, qui n’est d’ailleurs pas suivie par la majorité des étudiants, puisque pour le moment, seuls les départements d’économie et de science politiques sont touchés au niveau du campus Hasnaoua. Signalons par ailleurs qu’à Bastos, malgré la fermeture du portail, les cours n’ont pas été interrompus. Pour rappel, les comités autonomes, dans leur déclaration, ont soulevé un certain nombre de problèmes que vit l’étudiant dans l’enceinte universitaire : «La situation qui règne au sein de notre université est des plus malsaines depuis deux ans maintenant. L’ensemble des facultés connaissent d’innombrables défaillances et manques qui touchent l’institution, à des dimensions multiples», souligne-t-on. Le document, affiché sur les murs du campus, parle aussi «d’une mauvaise planification administrative et de l’incapacité de certains administrateurs à répondre aux exigences de leurs fonctions». Les rédacteurs de la déclaration citent «des retards dans les délibérations et dans le démarrage des cours, des orientations démesurées en licence et master…». Le point sécuritaire revient également dans le communiqué, les signataires n’hésitant pas à qualifier l’enceinte universitaire de «lieu de délinquance où règne l’insécurité (Drogue, réseau de prostitution, agression des universitaires…)». Les étudiants grévistes fustigent, en outre, les commissions de disciplines qui s’apparentent, disent-ils, «désormais à des goulags, où l’arbitraire et l’unilatéralisme sont la norme (…). Les étudiants sont des victimes de ces conseils et on n’a jamais connu de conseils paritaires pour corriger les dérapages des enseignants et administrateurs». Le collectif des comités autonomes appelle enfin la communauté estudiantine à «faire preuve d’engagement pour un changement vers un horizon prometteur pour notre université, dans lequel le statut d’universitaire sera dignement assumé (… )».
K. H.

