Timizart – Ibdache dans la tradition

Cette année, les jeunes du quartier Ighzer Khlef du village Ibdache ont tenu à marquer de leur empreinte le passage à la nouvelle année du calendrier berbère 2968, célébré chaque 12 janvier du calendrier grégorien.

Dès la matinée de vendredi, le village a renoué tôt avec l’ambiance festive des grands jours. La mobilisation était générale, tout le monde se préparait activement pour accueillir les hôtes du village pour la grande Waàda du yennayer, les villageois n’ont pas lésiné sur les moyens pour les recevoir dans la pure tradition. «Il faut fêter Yennayer dans l’abondance pour que l’année à venir soit une année agricole prospère. On se souhaite une belle année (assegas ameggaz) autour d’un plat traditionnel du couscous garnie de poulet farci de basilic séché, d’oignons et d’épices. À ces ingrédients (isufar), on y adjoint des petits pois et des fèves concassées, des haricots secs. Il faut compter sept ingrédients en tout, pour préparer la fameuse sauce du yennayer», explique Abdelhak, cuisinier. L’occasion a drainé un afflux considérable de visiteurs et curieux venus des quatre coins de la région, dans une ambiance de fraternité et de partage. «C’est toujours un grand plaisir d’assister à ce genre d’événement qui consacre l’esprit fraternel animé de confiance qui règne entre les hommes et les femmes qu’on voit partager l’incontournable couscous. C’est cette image-là qu’on voudra incruster à nos enfants et leur transmettre», dira un organisateur. La célébration a duré jusqu’à la nuit tombée avec une veillée de Lekhwan autour de chants religieux dans un climat de communion visant la réitération et le renforcement du lien pour les adeptes et constitue ainsi un véritable show pour les spectateurs. Cette année, la célébration de yennayer revêt un cachet particulier, c’est la première fois qu’il est célébré en fête nationale, fériée et chômée suite à la décision du gouvernement du 27 décembre 2017.

Ahmed Oulagha