Une sculpture érigée à la place du 4 Novembre 1957

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Le premier groupe de jeunes volontaires ayant mené à terme l’opération d’embellissements et ravalement des façades aux couleurs amazighs dans la localité de Raffour dans la commune de M’Chedallah, c’est au tour d’un deuxième groupe d’entrer en action ces jours-ci. Il s’agit d’un trio de sculpteurs professionnels Khaled, Djamel et Fahim, originaires de Raffour qui ont édifié une sculpture composée d’une pile de livres qui représentent les œuvres de Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun et de Matoub Lounès, un portrait de Chachnaq et un symbole représentant l’union des villageois. Le tout est surmonté par le drapeau et le sigle amazigh le «Z». La sculpture, un véritable chef-d’œuvre, retrace les différentes étapes de la culture berbère qui s’élève sur quelques 5 mètres de hauteur et d’une circonférence d’environ 20 mètres. La représentation est entourée d’un bassin avec quatre dauphins et trois bateaux de chaque côté en plus de quatre jets d’eau et une plate-bande de fleurs tout autour qui achèvent de donner un air fantastique à l’œuvre d’art sculptée par les trois artistes. Celle-ci a été réalisée au niveau de la place du 4 Novembre 1957. Il faut préciser que cette date symbolique, le 4 novembre 57, coïncide avec la date de déportation de la population du village Tadert Lejdid par l’armée coloniale. Situé sur les hauteurs de Djurdjura, le village en question a été bombardé et complètement détruits par l’armée française et sa population a été placée dans un camp de toile. C’est ce camp qui a donné naissance à l’actuelle ville de Raffour. Les jeunes sculpteurs rencontrés samedi dernier sur les lieux diront que toute la matière et les matériaux nécessaires pour sa réalisation ont été collectés auprès des citoyens de la localité sous forme de dons. Nos interlocuteurs indiqueront que l’opération sera achevée par l’aménagement d’un ouvrage d’éclairage public avec hublots.

Oulaid Soualah

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