Le maire de Souk El Tenine, au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, Slimane Khermous entend régler le problème crucial du foncier que vit sa commune depuis des décennies.
Un problème qui perdure et qui «bloque le développement de la commune et prend en otage la population locale». Le maire nous fait ainsi part des dysfonctionnements prévalant dans sa commune qui fait face à un sous-développement et au manque de nombreuses infrastructures de base. Il relève aussi le paradoxe de la disponibilité du foncier étatique et de son bradage. «Le bradage du foncier domanial empêche notre commune de se développer», dira-t-il d’emblée, comme pour résumer ce qu’il a amené à interpeller Tayeb Louh, ministre de la Justice. «Le conflit demeure en litige et il traine devant les cours de justice», précise-t-il. Slimane Khemous regrette une telle situation, alors que sa «commune manque de tout. Nous n’avons ni stade, ni hôpital, ni maison de culture, ni salle polyvalente et aucun espace de jeunes, de finances, de sécurité, de protection civile…Les responsables locaux justifient ces tares par l’indisponibilité du foncier. C’est une contre vérité». Et d’annoncer : «Notre commune totalise au moins 4 assiettes foncières avec des dizaines d’hectares, mais en litige depuis plus de 20 ans avec les exploitants et « les propriétaires ». Nous demandons au ministre de la Justice et au wali d’intervenir pour faire la part des choses. Il est temps de trancher sur cette question qui empêche le développement de notre commune. Si les assiettes sont du domaine privé, il faut les rendre à leurs propriétaires, si c’est le contraire, il est tout indiqué de les mettre à la disposition de la commune qui en a grand besoin pour construire et sortir la tête de l’eau». Le maire avertira : «Tout le foncier de la commune sera récupéré. Il est temps de régulariser la situation. La loi existe, il faut impérativement passer à son application. Nous n’allons léser personne mais ce qui appartient à la collectivité lui reviendra de fait. Le bradage du foncier doit s’arrêter, c’est indispensable pour notre région».
«Le squat, c’est fini !»
Abordant le volet de la restructuration du chef-lieu, le maire déplorera «la démolition des anciens locaux, et la restructuration du chef-lieu se fera mais au bénéfice de la collectivité. Heureusement que l’ancien projet n’est ni signé, ni lancé, autrement, cela aurait été une catastrophe pour notre commune. L’ancien projet est de fait annulé. Il sera revu et l’intérêt de la collectivité sera préservé. Nous n’allons pas brader l’intérêt de notre commune au profit de qui que ce soit. Nous avons déjà tenu une réunion avec les locataires qui n’ont pas payé les frais de location depuis 20 ans. Les créances seront recouvertes conformément à la réglementation. Il est inconcevable que des locataires refusent de payer 1700 DA mensuel, alors qu’ils occupent des espaces qui coutent au moins 20 000 DA/mensuel. La démolition et la reconstruction des locaux se fera et personne ne sera chassé, mais les prix de location seront arrêtés selon les normes actuelles». Le P/APC informera : «Nous sommes prêts à discuter, à négocier avec tout ceux qui veulent investir. Nous allons faciliter les procédures et faire des concessions s’il le faut, dans le seul objectif d’assurer des rentes et des dividendes pour la municipalité en vue d’assurer son développement. La population nous a fait confiance pour protéger ses intérêts, c’est ce que nous ferons. Le développement est lié à l’assainissement de tous les dossiers. La défaillance est double, la commune est lésée, les vrais propriétaires aussi. Le ministre de la Justice et le wali sont appelés à couper la poire en deux. C’est la souveraineté de l’Etat qui est affectée. Il faut protéger les biens de la collectivité et ceux des personnes. En laissant trainer des dossiers au niveau des cours de justice pendant des dizaines d’années, on ne travaille l’intérêt d’aucune partie bien au contraire. Durant notre mandat, nous ferons tout pour rendre à César ce qui lui appartient».
Hocine T.

