Plusieurs commerçants de la ville d’Aïn El Hammam étaient fermés hier matin, mais cela n’a pas pour autant pénalisé la population. En effet, tous les cafés et les boulangeries du grand boulevard ont continué à servir leurs clients comme d’habitude. Une dizaine d’épiciers et autres vendeurs de fruits et légumes avaient leurs portes grandes ouvertes, se permettant même d’étaler leur marchandise sur le trottoir, comme pour se démarquer du mouvement. Les gérants des superettes ayant pignon sur rue à Michelet, n’ont pas jugé utile, eux également, de fermer leurs établissements qui étaient, plus que d’habitude, bondés de monde. Si certains commerçants, convaincus du bien fondé de leur action, ont carrément cadenassé leurs portes, d’autres ne semblaient suivre ce mouvement que par solidarité ou par crainte d’être taxés de «brebis galeuse». «Ils ont tous fermé, je ferme aussi !» dit un jeune gérant d’un bureau-tabac sis à la placette des horloges, qui s’apprêtait à fermer sa boutique et à «suivre la grève», ajoute-t-il. Indécis, de nombreux autres semblaient attendre une occasion favorable pour recevoir leurs clients. Debout devant leur magasin, ils épiaient le moindre mouvement pour lever le rideau. Un panneau du portail qui en compte plusieurs était timidement ouvert depuis le matin, laissant passer furtivement des clients. Après dix heures et demie, rien n’indiquait que Michelet serait une ville morte pour le reste de la journée. Les fourgons de transport de voyageurs n’arrêtaient pas de ramener les villageois par dizaines, animant les rues comme lors d’une journée normale. Dans les villages, les commerçants sollicités à longueur de journée ne semblaient pas concernés par cette fermeture. Notons que les journaux n’ont pas été distribués à Michelet, au grand dam des lecteurs.
A. O. T.
