Mohammed Sadaoui, dit M'hend Ath M'hend Seidh, natif du village Tadert Lejdid dans la tribu d'Iwakuren, a fêté son 105e anniversaire lundi dernier.
Né le 29 janvier 1913 en haute montagne dans la commune de Saharidj, il jouit encore de toutes ses facultés mentales et physiques, si ce n’est une légère surdité contractée après une chute d’un arbre à l’âge de 20 ans. Ce vénérable vétéran de cette tribu de haute Kabylie est père, grand-père et arrière grand-père de pas moins de 130 personnes qui se sont rassemblées à son domicile à Raffour, à l’occasion de son anniversaire. Père de 4 enfants dont l’ainé Hocine est né en 1936, Yahia en 1940, Mohand en 1948, Ahmed en 1953. Sa première épouse, Tassadite dite Taaravt est décédée en 1970 à l’âge de 53 ans. Le patriarche, agriculteur de son état, a commencé à exploiter un moulin à grains traditionnel dans son village natal, Tadert Lejdid, avant d’élargir son activité à l’exploitation d’une huilerie. Il n’a quitté son village qu’après qu’il ne fut rasé en 1957 par l’armée coloniale, pour se refugier en premier lieu avec sa famille à Zouzamen sans pour autant couper les relations avec les maquisards de sa région, qu’il a continué à ravitailler au péril de sa vie car son village était déclaré zone interdite par les forces coloniales après sa destruction. Ce n’est qu’à l’Indépendance qu’il se construira une maison à Raffour pour abriter sa famille sans abandonner ses lopins de terre qu’il continua à travailler. Sa deuxième femme, qu’il épousa en 1971, Tassadite Toudert dite Saadia, dira de son mari qu’il aime boire de l’eau froide même en hiver et qu’il raffole de fruits. Il s’alimente essentiellement de petits morceaux de galette copieusement imbibée d’huile d’olives dénommé « amejudh » en kabyle. Sa femme est catégorique en affirmant qu’il n’a aucun trouble du sommeil ni du comportement. Lors de notre visite à son domicile mercredi dernier, il nous a accueilli lui-même avec une vigoureuse poignée de main sans rien perdre de ses réflexes et sa présence d’esprit. Il s’accroche admirablement à la vie et ne semble pas du tout pressé de partir, il nous donne cette impression qu’il vivra encore durant de longues années.
Oulaid Soualah

