À l’heure de la malbouffe et des habitudes alimentaires pas très recommandées par les nutritionnistes, un chef cuisinier tunisien, 5 étoiles, est l’hôte de la wilaya de Bouira pour partager ses expériences culinaires et susciter l’engouement pour cette discipline qu’est la gastronomie. Le chef étoilé Takouk Sabri, mondialement connu, notamment dans le monde arabe est à Bouira depuis quelques jours pour dispenser son savoir au sein de l’établissement de la non moindre célèbre Salima Yaâla. Takouk Sabri qui a eu à exercer à Nabeul, au club Med de Hammamet, à Djerba et dans bien d’autres cuisines de grands palaces tunisiens, mais également en Egypte, en Libye et aussi au prestigieux Concorde de Kuala Lumpur en Malaisie, a eu l’occasion de régaler plus d’un chef d’Etat lors de son parcours. Ainsi, depuis vendredi dernier et jusqu’à lundi, de nombreuses femmes et quelques jeunes hommes suivent avec un grand intérêt cet atelier culinaire spécial concocté par Mme Yaâla. «Nous voulons absolument à ce que des chefs étoilés algériens, qu’ils soient issus de Bouira ou ailleurs, puissent percer dans la gastronomie à l’échelle internationale. C’est pour cela que nous avons opté dans notre établissement à ce genre de formation accélérée pour permettre à nos stagiaires d’avoir des notions culinaires plus poussées et voir ce qui se fait dans les autres pays du monde», indique Mme Yaâla. Parmi les stagiaires, certains jeunes hommes voulant percer dans la gastronomie figuraient dans l’assistance à majorité féminine. Lors de cette formation, plusieurs conseils utiles et ‘’névralgiques‘’ dans la manière de cuisiner et de choisir les aliments ont été donnés. Pour le chef étoilé Takouk Sabri, pas question de négliger les produits du terroir même s’il faut parfois cuisiner des mets spécifiques comme les fruits de mer ou les poissons. «Le poisson blanc perd plus de la moitié de ses protéines en étant frit, lorsqu’il est cuit à l’étouffé par contre vous retrouverez toutes ses protéines et les omégas trois qui le compose», préconise le chef. Il prodiguera également certains conseils nutritionnels pour éviter la lourdeur de certains plats, notamment pour les recettes asiatiques en mettant en exergue certaines pratiques et certains condiments à favoriser ou à bannir carrément. «Le poivre noir est à exclure dans vos assaisonnements à cause des ballonnements et autres problèmes gastriques qu’il peut causer, préférez lui le poivre blanc tout aussi savoureux», poursuit-il. Avec des gestes précis, le chef Takouk montrera la manière de ciseler les herbes aromatiques tout en mettant en exergue les techniques pour garder les saveurs des aromates et relever le gout des plats. Comment rehausser les saveurs, titiller le palais et les papilles gustatives sont autant de techniques enseignées par ce chef cuisinier qui demeure en admiration devant l’engouement des stagiaires algériens. «La gastronomie est un art qui réconcilie tout le monde. L’échange des traditions et coutumes culinaires devient de plus en plus nécessaire pour satisfaire les gens, et c’est en partant de ce principe que nous devons développer les gouts de tout un chacun. En plus, cette discipline qu’est la gastronomie donne une valeur ajoutée à la société, et j’aime avant tout partager ce savoir en transmettant mon expérience et mes connaissances acquises durant mes années d’études et de profession», estime Takouk Sabri. Développer l’art culinaire en formant de futurs chefs étoilés et un vœu que partage Mme Yaâla ainsi que le chef tunisien qui espèrent voir prochainement de grands cuisiniers algériens s’imposer sur le devant de la scène internationale dans le domaine de la gastronomie.
Hafidh Bessaoudi
