Les cent et un locaux professionnels construits dans le cadre du programme dit du Président de la République datant de 2006 et destinés aux jeunes de la commune de Taskriout dans le cadre des différents dispositifs d’aide à la création de l’emploi, ANSEJ, ANGEM et CNAC sont quasiment à l’abandon et dégradés. Si dans d’autres commues en Algérie, l’on justifie leur abandon par leurs mauvais emplacements ou leur éloignement des habitations et des centres d’activités et par le manque de commodités qui devaient faciliter leur exploitation, ceux construits au chef-lieu de la commune de Taskriout sont bien situés, puisqu’ils sont adjacents aux habitations et autres commerces. En plus, ils ont été raccordés aux différents réseaux, électricité, AEP et l’assainissement depuis longtemps déjà. Ce sont seulement une dizaine d’entre eux qui sont exploités à l’heure actuelle. Ce qui est étonnant à plus d’un titre, est que les locaux sis en face ont été vendus à prix d’or. De l’avis d’un grand nombre de citoyens et de quelques bénéficiaires eux-mêmes, les raisons sont à chercher du côté du manque de sécurité car le chef-lieu, malgré le nombre d’habitants important qui y résident, est toujours en proie à l’insécurité. Des voitures ont été déjà volées et des infractions ont été commises sur des locaux de commerce. Aussi, le désintérêt et le manque de suivi de ce dossier de la part des pouvoirs publics ont influé grandement sur l’état actuel de ces locaux construits à coût de millions. L’autre raison, selon certains, est le coût dérisoire relatif à la location est pointé du doigt. Même si des bruits ont couru annonçant que l’Etat allait résilier les contrats des bénéficiaires qui n’exploitent pas leurs locaux et les récupérer pour un autre usage, cela n’a pas eu d’influence sur ceux qui les détiennent. Délabrés, insalubres et abandonnés, certains locaux sont devenus des repères de choix pour des pratiques extravagantes. Conçus pour résorber le chômage chez les jeunes, leur mauvaise attribution entachée d’irrégularité à l’époque, a réussi à les détourner de leur objectif. La commune de Taskriout manque cruellement d’infrastructures comme un marché de proximité, des locaux pour les associations de jeunes ou des crèches.
Saïd M.
