À l’occasion de la présentation du spectacle de marionnettes géantes, du projet le pommier des orphelins, des personnages imaginaires déambuleront en vrai dans les rues d’Akbou, Béjaïa et Bouzeguène, les 9, 10 et 11 février à 11 heures.
L’atelier «Soudure» du CFPA Akbou ressemble à un orchestre où des musiciens sont obsédés par la préparation d’un grand événement. Des têtes géantes d’humains et d’oiseaux sortent des bouts de papier froissé, des bustes, des jambes et des mains immenses surgissent d’un tas de ferraille et des robes magnifiques viennent corroborer le tout pour transporter les présents dans une autre dimension qui n’a d’égale que dans les rêves. Le spectacle ne manquera pas de secouer les frayeurs occasionnées par la narration de la beauté légendaire de «Nuja, Yellis n tteriel» (Nuja, la fille de l’ogresse) qu’Uyamum accompagne par ces chants ravissants. «Le pommier des orphelins» est un conte imaginé et écrit par des jeunes de l’association Étoile culturelle d’Akbou. «Il exprime le regard des jeunes sur leurs aspirations, rêves, angoisses et espoirs. Tout en étant ancré dans la culture locale, ce conte s’inscrit dans la réalité contemporaine et l’universalité. Il peut se jouer partout dans le monde», dit Mme. Annie Takarli, présidente de l’association Touiza Solidarité. L’association des Grandes personnes, un nom donné aux marionnettes géantes, est une association spécialisée dans l’art de rue. «Permettre à tous et à toutes d’accéder aux arts plastiques est son crédo», poursuit notre interlocutrice. Dans le cadre de ce projet, des membres de cette association s’attèlent, pendant un mois, à enseigner aux jeunes de l’AEC les techniques de réalisation des marionnettes et la transmission des savoir-faire pour créer des spectacles de rue. Le spectacle narre l’histoire de deux enfants d’un village de Djurdjura, Tawrirt, dont les parents viennent de disparaître subitement, léguant à leurs deux enfants, une fille, Lili, et un garçon, Yuva, un pommier, un arbre rarissime et peu présent dans cette montagne. Les enfants rejoignent leurs grands-parents maternels qui habitent à Béjaïa. Le garçon emporte avec lui un rameau de cèdre, un symbole de beauté et de résistance dans les hautes montagnes. La fille, quant à elle, n’emporte que des souvenirs et s’en va mains nues. Alors que le chemin de la fille prend temporairement fin à Béjaïa, le garçon, lui, continue son chemin qui l’emmène à Constantine. Yuva y rencontre un luthier qui lui apprend à jouer de la guitare en contrepartie du bois de cèdre. Devenu artiste, Yuva compose ainsi une chanson intitulée le «pommier des orphelins», tandis que Lili, sa sœur, sans doute inspirée par les paysages féériques et les lumières de Béjaïa, apprend à dessiner et à peindre. Elle rencontre une artiste plasticienne lors d’une exposition, qui l’emmène loin de Béjaïa. Elle devient artiste de talent. En effet, une société lui demande ainsi de concevoir une affiche publicitaire pour la promotion d’un «jus de pommier». Le hasard, une nécessité impérieuse et mystique du destin, réunit Yuva qui interprète sa chanson à la radio et Lili qui expose son affiche. Avec ce spectacle, le présent est plus que jamais le temps de l’inactuel, c’est le temps des rêves. «La production de ce spectacle sera une fête des formes, des couleurs et de la poésie», affirme Mme. Takarli.
B. Sadi

