«Pas d’utilité d’un congrès extraordinaire»

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La démission de Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du FFS, a mis à nu la crise interne que vit le parti depuis quelques temps.

La nécessité d’aller vers un congrès extraordinaire, comme le stipule l’article 48 des statuts du parti, ayant été invoquée, le Front vit désormais une guerre ouverte entre deux courants : les partisans du congrès extraordinaire et ceux qui sont contres. Dr Aziz Baloul, figure du parti et proche de la famille Hocine Aït Ahmed, contacté par nos soins, commente dans un premier temps la démission de Laskri : «Le FFS a une direction nationale composée d’une vingtaine de personnes et des commissions. Et ce n’est pas parce qu’une personne a démissionné que ça ne fonctionnerait plus. La direction est toujours en place. Il ya aussi un secrétariat national et un Conseil national souverain», dira-t-il. «La démission de Laskri n’affecte pas le fonctionnement du parti», insistera-t-il. A propos du congrès extraordinaire, il expliquera : «En effet, les statuts stipulent qu’on doit aller vers un congrès extraordinaire dans le cas où l’instance est réduite à moins de trois membres, mais seulement dans le cas où les délais du congrès ordinaire ne sont pas dépassés. Ce qui est justement le cas actuellement, car on n’est plus dans les délais du congrès ordinaire depuis une année». Dr Baloul tranchera donc : «Je ne vois pas l’utilité d’un congrès extraordinaire actuellement». Le député de Tizi-Ouzou a toutefois estimé que «le conseil national est le seul habilité à décider à propos de cette question». Un collectif de jeunes militants de de Tizi-Ouzou, visiblement de la même tendance, a aussi exprimé sa position contre le congrès extraordinaire, a-t-on appris. «Un congrès extraordinaire convoquera uniquement les derniers congressistes de 2013, ce qui implique l’exclusion des autres», explique-t-on. Ces derniers exigent «un bilan» du mandat écoulé et d’aller vers la préparation d’un «congrès ordinaire qui permettra la participation de tout le monde». Une source bien placée, quant à elle, a clairement parlé de «manipulation» de la part de tous ceux qui «parlent en dehors des statuts et qui font tout pour éviter un congrès extraordinaire». Notre interlocuteur accusera : «Baloul et la députée d’Alger Salima Ghezali sont à l’œuvre de cette manipulation justement». S’agissant du membre de l’instance présidentielle, Mohand Amokrane Cherifi, notre source indiquera qu’ «il ne s’est pas exprimé pour le moment à propos de cette question». Quant au premier secrétaire du parti, Mohammed Hadj Djilani, il sera appelé à jouer le rôle de «stabilisateur» dans cette situation que notre source a qualifiée de «délicate».

Kamela Haddoum.

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