Débrayage national à partir du 13 mai

Grève nationale à partir du 13 mai, qui entraînera inéluctablement le blocage des examens, saisine du Bureau international du travail(BIT) au sujet des violations des libertés syndicales, de l’Unesco pour violation des recommandations de la 29e session de l’Unesco (1997) portant sur la condition du personnel de l’enseignement supérieur et de l’Internationale de l’éducation en vue d’adresser sa réaction au MES, telles sont les décisions prises par le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) au terme de sa session ordinaire tenue les 23, 24 et 25 du mois en cours à Tizi Ouzou. Les soixante-seize coordinateurs, représentant trente-neuf établissements supérieurs ont débattu, durant trois jours, de trois points inscrits à l’ordre du jour : évaluation de la grève d’une semaine du CNES (du 25 février au 3 mars), statuer sur les aspects organiques et arrêter la démarche à mettre en œuvre dans le cadre des perspectives futures du conseil. Dans une déclaration finale sanctionnant ses travaux, le conseil s’est félicité de la réussite de la grève, suivie selon lui à 90 %, et appelle les enseignants à capitaliser cette mobilisation pour mieux réussir le plan d’action. Sur ce point Malik Rahmani, coordinateur de Tizi Ouzou a souligné : «la grève a bien fonctionné, mais le CNES fera attention aux rares dysfonctionnements qui sont apparus». Le conseil a également dénoncé «l’instrumentalisation de la justice par les pouvoirs publics, ainsi que les pressions exercées par l’administration sur certaines sections locales». S’agissant du second point ayant trait à la grève nationale ouverte, une série de mesures accompagnant le mouvement de contestation ont été adoptée par le conseil. Il s’agit de l’installation d’une commission juridique dont la charge est de veiller à l’accompagnement juridique du mouvement. Cette commission s’occupera des démarches appropriées pour ester en justice la tutelle, pour la non-application de la décision exécutoire de la commission nationale d’arbitrage portant sur la promulgation du statut de l’enseignant. La tutelle aura à répondre également,devant la justice sur la non-généralisation de l’ISP. La question de légalité de la grève d’une semaine de février sera portée, par contre devant le conseil d’Etat, considérée par le conseil national du CNES comme «un blocage abusif». A ce sujet, le coordinateur de Tizi Ouzou a affirmé que le CNES est déterminé à aller jusqu’au bout, «puisque les revendications sont légitimes. »«Toutes les sections sont prêtes à batailler», dira-t-il, avant d’enchaîner que «nous souhaitons que la tutelle réponde avant l’entame des actions aux revendications du CNES. »De son côté le bureau national du CNES, qui s’est réuni en marge de cette session, a rendu publique une déclaration où il a pris acte des insuffisances enregistrées durant la semaine de grève (du 25 février au 3 mars). Il considère, en outre que la correspondance rédigée par le coordinateur national, Ali Boukerroura est conforme à la stratégie et à la tactique, adoptées par le conseil national. Cette correspondance écrit le bureau, «… a comblé l’absence d’une déclaration du bureau national suite à la décision de justice. »Il va sans dire que la position du bureau au Conseil national du CNES a coupé court à toutes les critiques émises par certaines sections à l’encontre du coordinateur national. Après que les décisions du CNES aient été connues, la tutelle aura tout le temps nécessaire pour enclencher un dialogue, autrement la prochaine rentrée universitaire sera des plus délicates.

M. Ait Frawsen