Seddouk – Adhryis pour célébrer le 1er jour du printemps

Après la célébration de Yennayer le 12 janvier, date qui marque le nouvel an amazigh, voilà qu’une autre fête se profile déjà à l’horizon. Il s’agit d’Amenzu N’arbi3 (premier jour du printemps). Il faut dire qu’il y a certaines pratiques qui ne meurent jamais et qui refont surface chaque année pour célébrer ces dates. Ainsi donc, si pour Yennayer on le célèbre avec le fameux couscous ouvissar, le début du printemps, chaque famille en Kabylie ou du moins dans la région de Seddouk, prépare un repas spécial appelé «adhryis» qui s’apparente au repas du terroir quotidien «amekfoul». C’est du couscous sans sauce, mais garni de beaucoup de légumes dont les fèves sèches, les pommes de terre, la graisse ovine séchée (lekhli3) et les œufs bouillies dans de l’eau contenant des racines de l’Adhryis. C’est cette vapeur qui est utilisée pour cuire les légumes et cela donne un bon goût assez fort. La nuit venue, il y a cette fameuse pratique appelée Bouafif léguée par nos ancêtres qui consiste pour certains villageois à former une troupe composée de musiciens et de danseurs déguisés en femmes ou vieillards et qui font du porte-à-porte pour collecter des œufs, moyennant un divertissement des familles par des chants et des tours de danses furtifs. Cela ressemble à Halloween sauf que là on collecte plutôt des bonbons à la place des œufs.

Zahir Ait Hamouda