FCNAFA – Trois ateliers animés par des spécialistes – De la pédagogie sur les métiers du cinéma

À l’occasion de la 16e édition du Festival culturel national annuel du film amazigh (FCNAFA), qui se tient du 24 au 28 février à Tizi-Ouzou, trois ateliers ont été mis sur pied.

Il s’agit de l’atelier «Master-Class», animé par le réalisateur Chérif Aggoune, de l’atelier «À la découverte du cinéma pour jeunes adolescents, animé par Hakim Abdelfattah (assistant-réalisateur), et de l’atelier «Actorat» (Un corps, une voix) animé par Aziz Boukrouni (comédien de théâtre, cinéma et télévision). En marge des projections, ces hommes du 7ème art ont été approchés. Chérif Aggoun, qui a présenté sa conférence à la cinémathèque sur Master-Class (expression anglaise) ou La leçon du maître, explique : «Au cours de ma conférence, j’ai fait un très large tour d’horizon sur le métier du cinéma, de mon expérience personnelle. » Le métier de cinéma n’est pas aussi facile qu’on le pense et de par sa longue expérience dans le domaine, il a eu une oreille attentive et une attention particulière aux attentes de nombreux jeunes qui voudraient embrasser cet art : «J’ai écouté leurs propos et répondu à leurs préoccupations quant à la réalisation et à la création. Interrogé sur les intentions de ces jeunes, le conférencier ne mâche pas ses mots en disant: «J’ai constaté en eux cette soif d’apprendre. Leur plus grand souci c’est l’absence d’une école cinématographique. En 2018, ces écoles de cinéma sont devenues une nécessité «pourquoi pas une école dans chaque wilaya ou par wilayas regroupées. Il est temps de penser à une certaine décentralisation et le cinéma contribuera à résorber le chômage. » Quant au problème du matériel, le conférencier avance : «Ce n’est plus un problème avec l’avènement du numérique. » Le 26 février, il présentera son film «L’Héroïne» à Azazga. Le troisième jour, il clôturera son travail avec les jeunes.

«À la découverte du métier de réalisateur»

De son côté, Hakim Abdelfattah, assistant-réalisateur du 2ème atelier «À la découverte du cinéma pour les jeunes adolescents», dira : «J’ai 2 heures par jour, durant ces festivités, pour faire découvrir les premières notions du cinéma aux jeunes adolescents». Étant un vaste monde, l’animateur se contente de donner quelques notions sur le 7ème art, entre autres, l’historique, le processus de la réalisation d’un film, les différentes étapes : «Il est tout à fait naturel que le film nécessite de nombreuses étapes (idée, écriture, préparation, tournage, la postproduction et la phase finale)», soulignera l’animateur qui n’omet pas d’attirer l’attention de ces adolescents qui semblent s’intéresser par la chose, sur les différents personnages : «Chaque étape nécessite ses propres personnages», a-t-il précisé. L’animateur mettra sous les yeux des jeunes avides de cinéma des cours de théorie, des cours pratiques, des séquences de films, des vidéos pédagogiques, en affirmant que l’image du film nécessite toute une technique. Pour clôturer cet atelier, les jeunes seront mis à l’épreuve. Ils auront un test à faire au 3ème jour. «Ils manipuleront la caméra, la perche, une séquence déjà écrite par un scénariste choisi ou volontaire parmi eux et l’ensemble tournera le film de quelques minutes pour voir ce que cela va donner comme résultats. » L’animateur relève l’engouement porté par ces jeunes adolescents au cinéma. «La question clé qui revient à chaque fois est le problème de la technicité et celui de la formation dans une école de cinéma, afin de s’imprégner de ces différentes étapes pour la réalisation d’un film : scénario, costumes, comédiens, maquillage, décoration, accessoires, entre autres», conclura notre interlocuteur.

«Approfondir le rôle du comédien»

Le troisième atelier «Actorat» avec comme titre flatteur «Un corps, une voix !» est assuré par le comédien Aziz Boukrouni. Un sujet très important dans la réalisation du film. Pour l’animateur, c’est une suite logique dans le processus de ce genre de rencontre avec les jeunes car il avait animé un atelier de ce genre lors de la 15ème édition. «C’est quoi un acteur, c’est quoi un comédien ?» L’animateur développe les principaux objectifs de cette rencontre avec les jeunes : «L’objectif de l’atelier ‘Actorat’ est d’approfondir le rôle et l’importance du comédien dans l’œuvre artistique cinématographique, sa relation avec les directives et les intentions du metteur en scène, ses partenaires et son évolution dans l’unité de l’espace», a souligné le comédien Aziz Boukrouni. Interrogé sur le titre «Un corps, une voix», l’animateur explique : «C’est le corps, c’est la voix qu’on doit prêter à un autre personnage et chez le comédien, le corps et la voix sont très importants. Ces deux éléments lui permettront d’incarner un personnage qui n’est pas le sien. Ce qui n’est pas facile. » Incarner un autre personnage, ajoute notre interlocuteur, «demande des exercices et une formation approfondie. Le comédien est appelé à jouer n’importe quel rôle (SDF, directeur, agent de sécurité,…) et c’est justement ce qui est recherché sur le comment trouver un moyen pour prêter ce corps, cette voix à un autre personnage». Plusieurs jeunes étaient présents à ces ateliers. «Je mets ma modeste expérience de comédien au profit de ces jeunes qui semblent s’intéresser et affichent leurs ambitions. Il y a envie d’apprendre chez ces jeunes. Le métier d’acteur les attire», conclut le comédien.

M A Tadjer