Généralement, on a recours aux services des urgences lorsqu’on est très malade nécessitant, sans tarder, une prise en charge. Néanmoins, au niveau de l’hôpital d’Aokas, on ne l’entend, semble-t-il, pas de cette oreille. C’est du moins la version d’un citoyen natif de la région atteint d’une grippe saisonnière très sévère. «N’ayant pratiquement pas fermé l’œil de la nuit, le lendemain matin, je me suis dirigé vers le service des urgences de l’hôpital d’Aokas où j’ai patiemment attendu jusqu’à 9h30 pour voir les deux femmes médecins de service arriver. L’une d’elle fait appel à l’un des patients qui était dans la salle d’attente avec moi alors que j’étais le premier arrivé. Bien évidemment je n’ai rien dit au sujet de ce traitement de faveur. Une fois à l’intérieur du cabinet médical, cette bonne femme de médecin refuse de m’ausculter au motif que les consultations se font au niveau des polycliniques ou chez les médecins privés», témoigne, la gorge nouée, Laid, rencontré hier dans la salle d’attente du service des urgences de l’hôpital de cette localité. Poursuivant son récit, l’infortuné précise : «J’ai beau lui expliquer que j’étais là dans le but d’être traité en attendant la consultation pour une prescription médicale, celle-ci n’a rien voulu savoir. Abattu, et par la maladie et par l’indélicatesse et le manque de professionnalisme du médecin, je me suis finalement dirigé vers la polyclinique, mitoyenne, d’ailleurs, de l’hôpital, où on me prodiguera un traitement tout en me prescrivant deux injections à faire en urgence. Pour éviter de retourner à cet hôpital pour les injections, j’ai acheté les médicaments prescrits et fait ces injections au niveau de la polyclinique. » Cette histoire survenue en début de matinée du samedi, loin d’être un cas isolé, renseigne malheureusement sur le manque de sérieux que les citoyens peuvent rencontrer au niveau de certaines structures hospitalières. Pourtant un service des urgences est censé être à l’écoute des patients qui sont dans un besoin absolu tel qu’est le cas de notre ami Laid et non seulement pour les victimes d’accidents routiers ou ceux qui viennent la nuit. Les urgences sont assurées nuit et jour. Il est donc plus que nécessaire de réorganiser ces services qui boitent, pour certains. Pourtant les éléments qui les composent savent bien que le profil des patients accueillis aux urgences est très variable et requiert une véritable évaluation dès l’accueil. Se présentent ainsi des personnes amenées pour un risque vital réel, d’autres en grande détresse psychologique voire sociale. Certaines viendraient également pour éviter des frais chez un médecin libéral. Alors pourquoi ose-t-on renvoyer des malades avérés au motif que le médecin juge qu’il ne s’agit pas d’une urgence alors que c’en est vraiment une ?
A Gana.
