Tizi-Gheniff – Le musée colonel Ali Mellah délaissé

Le musée colonel Ali Mellah, dit Si Chérif, assassiné le 31 mars 1957 par un de ses hommes à Oued Bedj, dans l'actuelle daïra de Miliana, est aujourd'hui à l'abandon.

Combien de fois la famille révolutionnaire a-t-elle signalé cet état de fait ? Et pourtant, personne n’a daigné lever le petit doigt. En tout cas, le musée colonel Ali Mellah se dégrade de jour en jour, à commencer par sa clôture. En grillage, celle-ci ne résiste pas aux méfaits des «laissés-pour-compte» qui consomment de l’alcool tout autour, laissant un décor hideux, composé de canettes et autres détritus. A l’intérieur, l’état du monument portant les noms des 756 chouhada de la daïra (Tizi-Gheniff et M’Kira), tombés en champ d’honneur, démontre bel et bien cet abandon. En effet, les noms sont devenus illisibles alors que le corps de la stèle commence à s’abîmer. «On craint qu’il s’écroule un jour parce que les eaux pluviales s’infiltrent de son sommet jusqu’à sa base», constatera un fils de chahid rencontré sur les lieux. Selon un citoyen qui s’occupe de l’entretien des lieux, une fiche technique a été déposée au niveau de la direction des Moudjahidine pour sa restauration. «Celle-ci moisit dans les tiroirs des responsables», regrettera cet interlocuteur. Certes, le musée où sont déposées des anciennes armes, des photos, des coupures de journaux ainsi que des tenues militaires et autres ayant appartenu aux chouhada est encore préservé, cependant, il y a lieu de souligner que les toiles d’araignée et des couches de poussière recouvrent ces objets et ces tableaux. «Depuis que des jeunes ne sont plus recrutés dans le cadre du filet social, personne ne veille sur la propreté des lieux», signalera la même personne. Il y a encore lieu de rapporter que les milliers de livres destinés normalement à la bibliothèque ne trouvent plus d’espace de rangement. «J’ai tout fait pour les garder dans cette salle, sinon ils seront volés. Ici, ils sont en sécurité. Pour les déplacer à la salle de lecture, il faudrait quelques aménagements et des mesures de sécurité supplémentaires», soulignera le même interlocuteur. A quelques jours de la commémoration du 61e anniversaire de l’assassinat du colonel Ali Mellah, dit Si Cherif, aussi bien les citoyens que la famille révolutionnaire souhaitent que leurs appels soient entendus pour enfin restaurer cette structure.

Amar Ouramdane