La canicule chamboule les comportements

Les marchands de légumes et fruits sont touchés au même titre que les autres habitants en mal de moyens, par la canicule qui semble évoluer jour et nuit sans donner le moindre répit aux citoyens.

Les commerçants d’alimentation générale ont vécu, depuis le mois de juillet, au rythme des coupures de courant ou des chutes de tension mettant à mal l’exploitation optimale de leurs moyens de froid. Conséquence de l’instabilité de la chaîne de froid qui en est résulté, le dépérissement rapide de certains produits, à l’image du lait et autres dérivées.

Les marchands de légumes et fruits sont dans l’embarras. Et pour cause, lorsqu’ils s’approvisionnent en quantité, ils essuient inévitablement de grandes pertes suite au pourrissement de leur marchandise, soumise à des pics de chaleur légendaires, faute de chambre froide pour les conserver.

Résultat des courses : chaque jour, ils jettent d’importantes quantités de légumes et de fruits avariés, donc impropres à la consommation. Lorsqu’ils se ravitaillent avec modération, les citoyens leur en veulent de ne pas en ramener assez pour leurs besoins.

Que peuvent-ils bien faire, eux qui se retrouvent entre l’enclume et le marteau ? Les travailleurs se plaignent de travailler dans des conditions extrêmes. Les gens qui ont besoin de constituer un dossier ou de faire un long voyage se passent bien de faire ces périples éprouvants qu’ils préfèrent différer à une date ultérieure qu’ils ne s’empressent pas de fixer. « Tous les petits projets peuvent attendre », tel est le leitmotiv qui revient sur toutes les lèvres tant l’enfer de cet été semble invincible. Même les journées de plage organisées par la DAS de Bgayet, au bénéfice des enfants de couches modestes n’ont pas suscité d’engouement. On a l’impression que les gens préfèrent se terrer chez eux, à subir l’ennui plutôt que d’oser défier la canicule suffocante aggravée par les feux de forêts.

Et puis, les médias et autres témoins de scènes de mort par noyade ont tant répercuté ces drames qui donnent froid dans le dos, que les adultes préfèrent se passer de vacances et n’accorder aucun quartier libre aux bambins, lesquels ont un plus grand faible pour les plaisirs de la mer.

Les chiens errants épargnés par la double opération d’abattage qui n’a pas donné les résultats escomptés ne s’aventurent à sortir que la matinée ou en fin de journée, lorsque la chaleur semble jeter un peu de lest.

Les chats troquent volontiers leur chasse pour s’allonger et ronronner sans répit à même le sol, renonçant même à s’alimenter comme à d’autres saisons.

Dans les ménages, les humains cherchent désespérément un équilibre entre le semblant de travail effectué et l’impossible repos qu’ils peinent à trouver à cause de la chaleur suffocante et des moustiques. Beaucoup d’habitants jeunes ou âgées se plaignent en outre d’anorexie.

Z. Z.