La polémique fait rage en ce moment autour du centre d’enfouissement technique qui a été implanté à 4 km environ au sud du village de Tala El Vir. Un projet d’un milliard de centimes retenu à l’époque où la gestion de l’APC était confiée à un chargé des affaires communales. L’heure est en effet à l’effervescence au niveau des villages de Béni Mansour, Tala El Vir et Boudjellil, où nombre de citoyens pour le moins sceptiques ont traduit aux autorités locales leur intention d’œuvrer littéralement pour l’annulation pure et simple du projet qui s’inscrit, à leur yeux, à contresens des intérêts de la commune, non sans mettre en avant « la menace qui plane sur l’environnement » et leur refus que la même commune, en mal de développement soit exclusivement convoitée pour servir de « poubelle intercommunale géante ». Pour faire échec au cimetière des déchets des communes de Tazmalt, Ath Mlikèche, Ighi Ali et Boudjellil, implanté donc à Tala El Vir, les opposants au projet de différents villages se concertent en perspective d’une action commune et entre-temps ont formulé leur doléances au premier magistrat de la commune qui entend être réceptif à l’endroit de ses administrés mécontents. Le maire d’obédience RND, M. Benamara, qui estime légitimes les inquiétudes de ses concitoyens, a répondu à la question qui brûle encore toutes les lèvres, à savoir : l’annulation ou le maintien du CET par un « oui, mais… », « Je suis le premier responsable de cette commune et le plus habilité à décider du sort à réserver à ce projet qui suscite moult inquiétudes et interrogations citoyennes ». Et d’ajouter qu’il souhaite des garanties quant à l’utilisation rationnelle et écologique du site qui va être un immense dépôt souterrain. Premier préalable, a-t-il fait savoir, une taxe écologique doit pouvoir être versée à ma commune par les communes bénéficiaires du projet. Deuxième préalable : le transport d’ordures devrait s’effectuer par camions, spécialement aménagés et équipés de bennes-tasseuse, laissant entendre qu’il ne saurait en aucun cas être question de tolérer des transports précaires et anarchiques de déchets par des tracteurs, au risque de semer les ordures partout. Troisième préalable, a poursuivi le P/APC, le CET en question doit pouvoir être doté d’un engin approprié pour permettre de mener à bien l’opération de tassement et d’enfouissement afin que cela ne laisse planer la moindre menace de pollution sur l’environnement immédiat. Autre problème qui s’est greffé pour venir conforter la confusion : des citoyens se ruent déjà pour laisser entendre que le terrain d’assiette ayant abrité le projet est leur propriété. Une manière d’attester de leur intime désir de se faire indemniser. Néanmoins, il n’y a pas que des antagonistes à l’enfouissement des déchets intercommunaux car un autre pan de la société y est favorable. Pour ces partisans, « C’est le seul moyen d’éradiquer un lot de décharges sauvages qui menacent la santé publique et à cause desquelles les oueds Amarigh et Sahel, sont la proie d’une indescriptible catastrophe écologique ». Enfin, pour les autorités locales qui réclament des conditions optimales, ne se prêtant à aucune gestion aléatoire du site, « le projet présente l’avantage d’être pourvoyeur de quelques emplois et de vaincre la prolifération tous azimuts des déchets de tout genre aux quatre coins de la commune et de ses alentours ».
F. Z.
