Des villageois de Z’barboura, village socialiste agricole dépendant de la commune de Lakhdaria, ont observé, hier matin, un rassemblement de protestation devant le siège de la wilaya de Bouira. Ils réclamaient un projet d’aménagement urbain pour leur localité. «C’est la 5e fois que nous venons demander, notamment, l’aménagement des routes de notre patelin, depuis trop longtemps marginalisé par les pouvoirs publics. Nous en avons assez des promesses stériles», fulmine Amar, un des protestataires. «Depuis 1975, date de la création de notre village, nous n’avons cessé d’interpeller les autorités, mais jusqu’à aujourd’hui rien n’a été fait et aucune suite n’a été donnée à nos revendications. Nous sommes venus à maintes reprises pour rencontrer le wali et lui exposer notre désarroi, mais à chaque fois, on nous oriente vers son chef de cabinet», se plaint un autre villageois. Il y a quelques semaines, en effet, le chef de cabinet du wali s’était entretenu avec des représentants de ce village où une commission avait été dépêchée. «Une commission de wilaya s’est effectivement rendue sur les lieux, mais cela n’a rien donné de concret, l’état des routes est toujours aussi délabré. Nous avons également vu le chef de daïra de Lakhdaria, mais sans résultat. Aujourd’hui, nous voulons voir le wali en personne, pour qu’il prenne en charge nos doléances. Nous voudrions qu’il donne des instructions pour l’aménagement de la route de notre village, sur une distance de 3 km au moins, en plus d’un tronçon de 400 mètres reliant le village à l’usine de peinture de Lakhdaria (ENAP)», réclame un quinquagénaire. «Il s’agit d’un petit projet qui ne nécessite pas un grand budget. Ce sont les écoliers et collégiens qui empruntent quotidiennement ce chemin et qui subissent son état déplorable, surtout quand il pleut et que sa chaussée se transforme en un véritable marécage», explique notre interlocuteur. Un autre villageois dira : «Des travaux avaient été lancés il y a plus d’une année, mais ils ont vite été arrêtés, à cause de certaines oppositions. Il faut que les autorités interviennent rapidement pour lever ces blocages qui pénalisent une population de près de 10 000 âmes. Nous réclamons également l’éclairage public et l’installation de trottoirs». D’autres voix s’élèvent par ailleurs, dénonçant la marginalisation dont seraient victimes les habitants de Z’barboura à propos de la répartition des logements sociaux : «Sur l’ensemble du quota des logements distribués régulièrement, aucune personne originaire de Z’barboura n’en a bénéficié. C’est une aberration. Il s’agit là d’une discrimination manifeste et nous exigeons à ce qu’un quota nous soit réservé. Plusieurs dizaines de personnes ont des demandes de logement en instance au niveau de l’APC de Lakhdaria, mais bizarrement aucun citoyen de Z’barboura n’a jamais bénéficié d’un logement. Nous voulons une répartition équitable entre tous les villages», diront des villageois. Le wali, en visioconférence, n’ayant pu accorder d’audience aux protestataires, les forces de police ont réussi à les convaincre de s’entretenir avec le chef de cabinet.
Hafidh Bessaoudi

