Les œufs, l’un des produits alimentaires périssables et sensibles à la chaleur, se trouvent vendus sur les accotements de la RN15 traversant la localité de Chorfa, à l’est de la wilaya de Bouira. Des camionnettes et fourgonnettes sont stationnées de part et d’autre de ladite route où les marchands proposent, aux automobilistes et aux passants, des œufs exposés à longueur de journée aux rayons du soleil, à la poussière et au gaz d’échappement des centaines de voitures qui passent quotidiennement. Sans se soucier de la santé des consommateurs et de la nécessité de mettre ces produits à l’ombre où la fraîcheur pourrait éviter leur avarie, ces vendeurs, travaillant au noir, superposent des plateaux d’œufs affichés à des prix défiant toute concurrence. A 270 et 300 da le plateau, les clients ne se font pas prier pour marquer une halte et en acheter. «A 270 da le plateau, c’est moins cher que les commerces de volailles qui, eux, le cède à partir de 320 da», se hasarde à comparer un chef de famille. Et l’hygiène alimentaire dans tout cela? «Que voulez-vous que je vous dise? Il faudra que les commerçants baissent les prix pour que les ménages à faible et moyenne bourses puissent se les permettre. le poulet vivant est vendu à 260 da/kg sur les accotements, alors que l’emballé et labellisé frôle les 350 da/kg. Ce n’est pas n’importe quel père de famille qui peut se permettre un poulet à 350 da/kg. Je comprends parfaitement les ménages déshérités qui se rabattent sur les produits avicoles vendus au noir dans les rues.», tente de convaincre notre interlocuteur. Il n’est pas aisé de convaincre un ménage en proie à des difficultés financières de l’importance, pour la santé, des conditions d’hygiène des produits alimentaires. Les services d’hygiène et de contrôle de la direction du commerce doivent sévir contre ces vendeurs, peu scrupuleux des lois, qui constituent un réel danger sur la santé des consommateurs. Néanmoins, la vente de ces denrées continue au su et vu de tout le monde et dans une totale impunité.
Y. S.
