Tazmalt – Célébration de la Journée nationale des handicapés – Le mouvement associatif en osmose

C'est sous le slogan «Tous unis pour le bien des handicapés», que la Journée nationale des handicapés, qui coïncide avec le 14 mars de chaque année, a été célébrée, avant-hier, samedi, à Tazmalt.

Cette fois, contrairement aux années précédentes, c’est le jardin public, sis en face du siège de l’APC, qui a abrité cette manifestation qui a drainé une foule nombreuse. Une fois n’est pas coutume, la journée dédiée aux personnes aux besoins spécifiques a été organisée conjointement par trois associations de wilaya, en collaboration avec les autorités communales de Tazmalt. La fête des handicapés a été au rendez-vous avec les associations: Défi, pour les myopathes, Echo, pour les handicapés et l’AWIT, pour les Trisomiques. «C’est la première fois que les associations des handicapés basées à Tazmalt célèbrent la journée nationale des handicapés conjointement. C’est pour dire que nous sommes tous unis pour le bien des handicapés», déclare Sofiane Achour, président de l’association Echo. Ainsi donc, le jardin public, retapé et réhabilité au lendemain des élections communales, a été le théâtre de cette animation, où les associations en question ont installé des stands pour faire connaître, au grand public, à travers des tableaux, des affiches et des dépliants les maladies qui touchent, par exemple, les myopathes, et expliquer ce qu’est la myopathie. D’autre part, des œuvres d’enfants et de jeunes handicapés ont été exposées, comme les macramés, les dessins, les tableaux, etc… La presse écrite et audiovisuelle était aussi présente pour couvrir l’événement. Dans la foulée, eut lieu une prise de parole des présidents des trois associations des handicapés, où les intervenants, Melle Abderrahmani pour les myopathes, Sofiane Achour pour les handicapés et Melle Oucheriah pour les trisomiques, avaient expliqué, tant soit peu, aux présents la situation des handicapés dans la région et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. «On ne devrait pas se rappeler des handicapés, et des myopathes en particulier, le 14 mars seulement, mais durant toute l’année», tonne Melle Adberrahmani, qui dans le même ordre d’idées déplore les conditions peu reluisantes dans lesquelles vivent les myopathes, soulignant les frais médicaux onéreux qu’ils dépensent pour se maintenir en vie. Pour sa part, M. Achour, le président de l’association Echo des handicapés, a mis l’accent sur le fait que les trois associations ont célébré, réunies, pour la première fois, la journée nationale des handicapés dans le but de promouvoir les droits des handicapés. Et enfin, Melle Oucheriah, présidente de l’AWIT (association de wilaya pour l’insertion sociale et professionnelle des trisomiques basée à Tazmalt), a expliqué devant une foule nombreuse ce qu’est la trisomie et que, les trisomiques, appelés communément «mongoliens», sont des gens intelligents et affectueux qui ont besoin d’une prise en charge précoce pour atténuer leur handicap. «L’objectif de notre association est l’insertion scolaire et professionnelle des trisomiques. Ceux-ci ont besoin d’une prise en charge précoce. Dans notre association nous avons des ateliers orthopédagogiques et thérapeutiques pour la prise en charge des enfants trisomiques et de leur mamans (… ) Nous avons, actuellement, 6 enfants scolarisés au niveau de notre association, et nous attendons leur prise en charge par la DAS de Béjaïa qui nous l’a pourtant promis, depuis assez longtemps », insiste l’intervenante. Dans le même contexte, les organisateurs déplorent les conditions de vie peu enviables des handicapés. «La situation des handicapés ne connaît toujours pas d’amélioration», déplore Sofiane Achour. Et d’ajouter «que peut faire une pension de 3000 da par mois pour un handicapé? Il y a des pères de familles qui perçoivent cette pension alors qu’elle n’est même pas suffisante pour faire vivre une seul enfant. ». Dans le même sillage, M. Achour apprendra que son association projette de réaliser un centre pour handicapés, à Tazmalt, lequel coûtera pas moins de 15 millions de da «Il y aura des ateliers pour la poterie, la couture et l’horticulture (jardinage). En sus de cela, nous comptons réaliser des aires de jeux, des serres pédagogiques et une salle de rééducation», conclut-il.

Syphax Y.