S. Ait Hamouda
La rumeur, c’est connu, elle brasse dans tous les sens sans jamais atteindre ses objectifs. Elle fait l’événement sans vraiment l’annoncer, elle n’hésite pas à reproduire les effets pervers que sa nature invente ex nihilo pour faire peur aux petites gens. Ces derniers jours, les réseaux sociaux n’ont pas manqué de soulever des lièvres tous azimuts, pour faire jaser le petit peuple, et va pour la vérité qu’impose le fait politique. On arguait, entre autres, le limogeage ou le changement dans le meilleur des cas. Ce qui amène le simple citoyen à se perdre en conjectures et à se poser des questions sans trouver de réponses. Et s’il en trouve une, c’est un gros mensonge qu’il découvre. Cela fait des lustres qu’on le nourrit de contre vérités et d’informations bidons. Qu’à cela ne tienne, qu’on le croit ou pas, le menteur n’a de scrupules que pour ses mensonges qu’il peaufine, qu’il fignole, qu’il arrange pour faire plus vrai. Mais lorsque le doute s’installe et avec lui la vérité qui pointe comme le soleil, là il dira le menteur qu’il s’était trompé ou pire qu’il a vu juste mais qu’il a été contrarié par ceux qui tirent les ficelles qui ont en vu un danger à l’horizon. Dans ce rituel de la rumeur et de la contre rumeur, on ne sait jamais là où ça commence ni là où ça finit. Déterminer le commencement «d’arabe sat», c’est quelque part choisir par instinct son crédo le plus déplaisant. En un ou deux ou en mille mensonges, l’effet sera le même, une ignominie à l’égard de ceux auxquels on adresse ses bobards, auxquels on expédie ses mensonges sans ménagement. Il va falloir trouver une parade à ces boute-en-train farfelus. Qu’il soit un constructeur soigné de farces et attrapes, de contre-vérité nue et de galéjades, la meilleure façon de contrer ces bonimenteurs c’est la transparence en tout. Parce que a beau mentir qui vient de loin, plus le mensonge est gros plus on a de chances d’y croire, de l’avaler comme une couleuvre, de le gober mais lorsqu’on se pare de bonne foi et de vérité par une lisibilité claire et nette, on ne peut rien faire croire à personne.
S. A. H.
