Hier, c’est-à-dire au troisième jour de leur grève nationale, les travailleurs communaux des 52 communes que compte la wilaya de Béjaia ont organisé de la Maison de la culture Taos Amrouche au siège de la wilaya, une marche d’appui à leur grève pour mieux faire entendre leurs revendications.
La marche qui devait s’entamer à 10 heures et demi ne s’est finalement ébranlée qu’à 11 heures passées pour permettre aux communes éloignées de grossir la masse des manifestants.
Durant tout le parcours, long de quelques deux à trois kilomètres, les protestataires, dont le nombre est estimé à moins de 1000, selon la police à plus de 2000 selon les organisateurs, ont, mégaphone à la main, rappelé leurs revendications et scandé des slogans hostiles à ceux qui sont responsables de leurs conditions socioprofessionnelles jugées exécrables. Sur les calicots portés à bout de bras par les marcheurs de tête des carrés, représentants les différentes communes, sont reprises les principales revendications, qui sont par ailleurs, accrochées sur les façades des mairies, à savoir « La promulgation du statut particulier des travailleurs communaux et le régime indemnitaire à partir de janvier 2008 », « L’intégration des contractuels et des vacataires », “L’abrogation de l’article 87 bis de la loi 90/11 qui empêche l’augmentation du SMIG » et « Le maintien de la retraite sans conditions d’âge. D’autres banderoles dénoncent notamment« Le mépris des pouvoirs publics à l’encontre des travailleurs communaux », « La dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs communaux », « Les atteintes aux libertés syndicales et au droit de grève » et enfin « La précarité de l’emploi au niveau des communes »
Un fait original dans cette marche des travailleurs des communes : plusieurs marcheurs ont, tout au long du parcours, brandi des baguettes de pain pour signifier sans doute aux pouvoirs publics que les salaires qu’ils touchent ne leur permet même pas de manger à leur faim.
A leur arrivée devant le siège de la wilaya, les marcheurs, avec leurs banderoles, se sont orientés vers le bâtiment administratif et ont repris en chœur leurs slogans qui expriment tout le « bien » qu’ils pensent de l’administration. Plusieurs syndicalistes du SNAPAP ont pris la parole pour rappeler les mauvaises conditions de travail des employés et dénoncer les dépassements de l’administration.
Une délégation partie à la rencontre du wali, s’est finalement vu proposer de rencontrer son chef de cabinet puis le…DRAG, celui là même, pestent-on, qui a refusé d’autoriser la marche des communaux.
« C’est du mépris ! La prochaine fois,on reviendra plus nombreux et le wali sera celui qui cherchera vainement à nous rencontrer », s’époumone un membre de cette infructueuse délégation qui a quand même demandé aux manifestant de se disperser dans le calme. Ce qui fut fait.
B. Mouhoub

