Aïn El Hammam – Les postiers en grève

Les employés de la poste d’Aïn El Hammam ont entamé une grève, avant-hier, pour protester contre «les mauvaises conditions de travail qui durent depuis des années». Même si les locaux ont été rafistolés, il y a quelques années, ce ne fut que du «tape à l’œil». «On a aménagé l’intérieur, mais on a négligé l’essentiel», fait-on remarquer. En effet, la structure, héritée de l’époque coloniale, donne des signes d’essoufflement depuis longtemps. Cette fois, la neige et le vent ont mis à nu toutes ses carences. Dimanche matin, un drame a été évité de justesse. Au moment où les employés s’étaient mis en place devant leurs machines et se préparaient à accueillir les usagers, des briques se sont détachées de la toiture, entrainant dans leur chute une partie du faux plafond en plâtre, avant de s’abattre sur le sol. La partie du faux plafond s’est effondrée à un mètre derrière les guichetiers qui auraient pu être blessés, peut-être gravement. Les dégâts étaient encore visibles lundi matin lors d’un passage sur les lieux. Le courant électrique a été volontairement coupé, dit-on, pour parer à un éventuel incendie. Les fils électriques étaient susceptibles d’être imprégnés d’eau et créer un court-circuit. Sur place, il a été constaté que les employés ont, tout de même, rejoint leurs postes pour effectuer le service minimum. Tous avaient les pieds dans une marre d’eau de pluie qui s’est infiltrée en plusieurs endroits. Des bassines sont réparties sur toute la surface se trouvant derrière les guichets et sur le comptoir également pour recueillir cette eau qui s’infiltrait de partout. La bâche en plastique, utilisée pour protéger tous les micro-ordinateurs, s’est avérée trop courte. Quelqu’un a même eu le réflexe de couvrir sa machine avec son parapluie. Vide, le hall d’attente est également submergé d’eau. «Les responsables, en visite il y a quelques jours dans cette poste, devraient inclure dans leur rapport les conditions de travail des postiers ainsi que le manque flagrant de personnel», préconise-t-on. Notons que cette grève a drainé l’ensemble de la clientèle d’Algérie poste vers la poste d’Aït Sidi Saïd qui, depuis deux jours, connaît un afflux hors du commun.

A. O. T.