SANTE – Conflit tutelle – médecins résidents – Sur la voie du dénouement

Après près de quatre mois de grève, la crise des médecins résidents tend enfin vers le dénouement. Les médecins résidents trancheront aujourd’hui à travers des AG prévues au niveau des différentes facultés du pays.

La rencontre, qui a regroupé les représentants des médecins résidents (CAMRA) et le ministre de la Santé et de la réforme hospitalière, avant-hier, tend en effet vers une solution qui semble contenter les deux parties. Alors que plusieurs autres réunions avaient échoué, ce qui avait mené au boycott de l’examen de diplôme d’étude spécialisé par les résidents, la réunion d’avant-hier semble porter une lueur d’espoir pour les 15 000 résidents à travers le territoire du pays. Qualifiant cette rencontre de «positive», le président du CAMRA fera savoir que les médecins résidents trancheront aujourd’hui sur l’avenir de leur mouvement de protestation. Le procès verbal rédigé par les deux parties sera soumis, aujourd’hui, selon la même source, aux assemblées générales des médecins résidents en grève, à travers le pays, afin de trancher sur l’issue du mouvement de grève qui dure depuis plusieurs mois. D’après le PV de la réunion, plusieurs concessions ont été faites par la tutelle, le tout conditionné par l’arrêt de la grève et la reprise du travail. S’agissant du statut de résident, «M. le ministre de la Santé a donné son accord pour la réouverture du dossier, en vue d’apporter toutes les corrections nécessaires aux insuffisances et incohérences contenues dans le statut actuel, entre autres le droit au congé de maternité, la couverture juridique et les congés scientifiques…», a-t-on indiqué. À propos de l’autre point figurant sur la plateforme de revendications, stipulant l’ouverture du droit à l’installation d’un laboratoire polyvalent à titre privé, pour un certain nombre de spécialités, le ministère affirme, selon le PV, que ces revendications sont prises en charge par la nouvelle loi de santé, et il s’engage à les défendre à l’APN. Pour l’ouverture de postes budgétaires pour les spécialités non assujetties au service civil, médicales, pharmaceutiques et médecines dentaires, le ministre s’engage à ce que les postes soient assurés totalement pour l’année en cours et le choix se fera par ordre de mérite. Sur le service civil, qui a fait couler beaucoup d’encre et qui était au centre de la revendication, plusieurs points ont été conclus. Concernant la durée, il a été arrêté le principe de fixer la durée de 3 à 4 ans, pour les villes universitaires du Nord du pays, et de 1 à 2 ans pour les autres villes, y compris pour le Sud. Pour le logement, il a été retenu qu’en cas d’indisponibilité, le chef d’établissement doit recourir à la location. Le salaire du médecin spécialiste commence à courir à partir de la date d’installation. Une prime mensuelle allant de 20 000 à 60 000 a été fixée. Les médecins résidents auront droit au regroupement familial. Les affectations des spécialistes se feront, indique-t-on, en fonction du plateau technique. Au sujet du service national, un autre point épineux des revendications des médecins, il a été conclu que sa durée sera déductible de la durée du service civil. Plusieurs autres points ont été discutés et des solutions ont été proposées, à savoir notamment le congé de maternité, le droit syndical et la formation pédagogique. Les représentants des médecins étaient plutôt confiants à la sortie de la réunion, annonçant que, suite à l’établissement du PV, qui sera signé de part et d’autre, il sera procédé à la suspension de la grève. La crise serait donc en très bonne voie de dénouement.

L. O. Challal et Kamela Haddoum.