Cela fait belle lurette que la ville d’Aïn El Hammam n’a pas connu de travaux d’embellissement. «Le dernier ravalement de cet immeuble date des années quatre-vingt-dix, lors de sa construction», indique un commerçant du centre-ville. Les autres constructions, même les plus récentes, gardent toujours leur couleur rouge des briques de leurs murs extérieurs. Si l’intérieur est fini et peint, l’extérieur de ces logements habités, faut-il le préciser, demeure lugubre ajoutant de leur tristesse aux bâtiments mitoyens qui ont perdu leur couleur recouverte par la patine du temps. Au fil du temps, les rues sont devenues sombres et sans attrait. Elles ont perdu toutes les couleurs qui faisaient de l’ex-Michelet une ville coquette où il fait bon vivre, à l’image de l’entrain qui anime ses habitants. La rue Colonel Amirouche, ancienne rue principale de la ville, jadis si animée, n’est plus qu’un quartier obscur où les commerces ferment un à un de peur de les voir s’écrouler. Les propriétaires qui tiennent toujours à leurs boutiques, contre vents et marées, ne se soucient que de l’intérieur. Les devantures se ressemblent toutes. Les murs décrépis portent pour la plupart des lézardes, témoins de la vétusté des lieux. Les enseignes ternies par le soleil sont difficilement lisibles. Ce ne sont pas les deux ou trois belles vitrines dignes des grandes villes, noyées au milieu de vieilles boutiques délabrées, qui donneront un autre visage à cette rue qui a connu de meilleurs jours. Il faut dire que les commerçants hésitent à investir dans des commerces de luxe dans une rue dont les constructions sont appelées à être démolies. Chaque hiver accentue, un peu plus, la dégradation de ces vieilles bâtisses érigées du temps de la colonisation et qu’on n’arrête pas de rafistoler grossièrement pour allonger leur vie. Certaines autres, abandonnées par leur propriétaires ne tiennent debout que par miracle, à l’image de ce magasin fermé depuis longtemps, et dont le mur jouxtant le trottoir n’est retenu que par la porte d’entrée qui ne tarderait pas à céder. Comme pour les autres bâtisses, les pierres de leurs murs perdent leur liant et s’effritent petit à petit. Si les immeubles récents sont tristes, faute d’un coup de pinceau, que dire alors des anciennes bicoques qui semble défier le temps, juste pour enlaidir la rue. Le contraste entre la verdure des champs entourant la ville et l’intérieur de cette dernière est saisissant. Autant les premiers dont les arbres en fleurs reflètent la beauté caractéristique de nos montagnes, autant la seconde est terne, voire hideuse en certains endroits.
A.O.T.
