Cela fait des mois que l’oued Ouakour, qui prend origine des contreforts sud des chaînes montagneuses du Djurdjura, n’est pas entré en crue comme c’est le cas ces derniers jours. En effet, le niveau des eaux de cette rivière a sensiblement augmenté pour couler à flots. Sous le pont enjambant cet oued, les eaux grondent, tout en coulant de bout en bout sur le lit. Ce regain de débit s’explique par les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières 48 heures et la fonte des neiges qui sont tombées durant les derniers mois, notamment en mars dernier. Cette crue, en plus d’apporter de grandes quantités d’alluvions et d’eau en alimentant la nappe phréatique, a permis à cette rivière, intermittente au demeurant, de charrier toutes les ordures ménagères et autres amoncellements de gravats et de débris qui étaient jetés sans aucune vergogne sur ses berges et ses rivages. Ainsi, les eaux « en furie » de l’oued Ouakour ont permis à ce dernier de se débarrasser, un tant soit peu, des détritus qui l’amochaient et le polluaient. Et même s’il reste quelques monticules de déchets en tous genres ici et là le plus gros de ces impuretés a été emporté par les flots. Il est à noter que l’oued Ouakour est l’un des affluents de l’oued Sahel qui est, lui, plus ou moins pérenne. Malheureusement, la pollution de la rivière Ouakour a fini par le rendre « inutile », car il n’est même pas bon pour l’irrigation des cultures et autres arbres fruitiers comme jadis. À ce sujet, un septuagénaire de la région se souvient : «Jadis, les eaux de l’oued Ouakour étaient limpides et potables. Nous récupérions ses eaux via des rigoles pour irriguer nos champs, et ce, que ce soit les oliviers ou tout autre arbre fruitier, et les maraîchages. En été, même avec la chaleur qui sévissait, il subsistait toujours des filets d’eau qui ruisselaient et qui nous permettaient de nous désaltérer et d’abreuver aussi nos troupeaux. Aujourd’hui, comme on peut le constater, l’oued est complètement pollué avec les eaux usées et les ordures. Il n’a rien de l’oued que j’ai connu par le passé», se désole-t-il.
Y. S.
