Les programmes de la célébration de la Journée du savoir et du 38e anniversaire du Printemps berbère se sont poursuivis, avant-hier, au CFPA Krim Saïd de Draâ El-Mizan.
Jeudi dernier, à l’occasion de la Journée d’information sur l’investissement agricole, des agriculteurs et d’autres invités ont été accueillis au réfectoire dudit centre de formation. Après une minute de silence observée à la mémoire des 257 soldats qui ont péri dans le crash d’avion à Boufarik et l’écoute de l’hymne national, Mme Saliha Belfadel, subdivisionnaire agricole, dira à propos de cette Journée d’information sur l’investissement agricole : «La direction des services agricoles continue d’organiser ce genre de rencontres avec les agriculteurs et les investisseurs. Aujourd’hui, c’est notre tour de discuter ensemble de l’investissement agricole». Pour l’adjoint au maire, M. Kamel Matmar, «en tant qu’élus à l’APC, nous ne pouvons qu’encourager ce genre de rencontres d’autant plus qu’il s’agit d’un secteur névralgique d’une part, et d’autre part, parce que notre commune est à vocation agricole par excellence». Puis, un représentant de la direction des services agricoles a pris la parole, d’abord en excusant devant l’assistance l’absence du directeur retenu à la wilaya pour une réunion avec le wali. «Notre objectif est d’optimiser toutes les filières agricoles et d’élever les rendements dans notre wilaya. Chaque localité a sa spécificité. Votre région, comme l’a souligné la subdivisionnaire, est le grenier de la wilaya en matière de céréales. En tout cas, nous saluons nos céréaliculteurs qui enregistrent ces dernières années d’excellents rendements. Il s’agit de la 12° rencontre de ce genre que nous organisons. Elle a pour but aussi de d’organiser des rencontres entre les agriculteurs, toutes filières confondues, avec notamment les organismes financiers et les dispositifs mis en œuvre par l’Etat afin de développer l’agriculture. L’argent est le nerf de la guerre, c’est pourquoi nous avons invité tous ces organismes qui répondront à vos préoccupations. Nous allons aussi organiser des Journées techniques durant lesquelles chaque filière sera prise en charge à part», soulignera M. Kouraba, chef de service du foncier à la direction des services agricoles de wilaya. Lui emboîtant le pas, un responsable des services forestiers expliquera à l’assistance qu’il est temps de renforcer l’investissement dans les forêts d’autant plus que les maquis occupent une superficie non négligeable de la surface totale du domaine forestier. Il a exhorté d’éventuels investisseurs à œuvrer dans le sens de l’investissement dans les plantes médicinales ou l’extraction des huiles à l’image de l’huile de lentisque.
Objectif premier : récupérer toutes
les terres agricoles
non exploitées
Prenant la parole, le directeur de l’Office national des terres agricoles fera savoir : «Notre objectif est de récupérer toutes les terres non travaillées notamment celles des ex-domaines autogérés. Il n’est plus question qu’un lopin de terre reste en jachère et ne soit pas exploité. Des brigades vont sortir et recenser toutes ces terres. Celles non travaillées seront concédées à des investisseurs. Par ailleurs, nous menons un travail colossal afin de régulariser tous les dossiers de concession surtout qu’à Draâ El-Mizan, les services des domaines nous prêtent main forte. L’autre objectif est d’exploiter toutes les ressources hydriques dont dispose chaque localité et de revoir en parallèle le système d’irrigation. Développer l’agriculture d’autant plus que nos ressources en hydrocarbures ont baissé ces dernières années est un défi que nous devrons relever tous ensemble», signalera-t-il dans sa communication. Le directeur de la chambre d’agriculture s’était enorgueilli de voir à Draâ El-Mizan et à Tizi-Gheniff, que la sécurité alimentaire de la wilaya pouvait être assurée. «Nous sommes là pour faire passer toutes vos recommandations. Nous avons refusé de donner nos recommandations dans des assises à Alger. Pas loin qu’hier (mercredi, Ndlr), nous avons tenu une rencontre à l’ITMA de Boukhalfa où nous sommes sortis avec des recommandations de la base. C’est l’essentiel pour nous, et ce, malgré les petites frictions entre les participants. À la chambre de l’agriculture, nous prônons la transparence. Vos préoccupations sont les nôtres. N’hésitez pas à vous rapprocher de nos services. L’important est de développer ce secteur ô combien sensible. Draâ El-Mizan doit avoir sa parole parce qu’elle a été longtemps oubliée», clamera-t-il sous un tonnerre d’applaudissements. Le secteur de la pêche n’a pas été en reste. Une représentante de cette direction a promis aux investisseurs de leur fournir toutes les facilités possibles pour investir dans ce créneau bien qu’il soit nouveau dans la région. Tour à tour, les représentants de la BADR, de l’ANESJ, de la CNAC, de l’Andi, de la Casnos et bien d’autres services ont expliqué les dispositifs et les voies à suivre pour être accompagné dans un éventuel projet. De nombreuses interventions à la fin des communications avaient trait au financement des projets et aux garanties, surtout qu’aujourd’hui nombreux sont ceux ayant contracté des crédits dans ces dispositifs sont asphyxiés par des dettes soit par manque d’expérience ou encore à cause de la fermeture de certains créneaux. En définitive, le souhait de tous les intervenants est de voir certaines procédures assouplies bien qu’ils aient été rassurés quant à l’accord de projets. Car celui-ci ne prenait plus autant de temps qu’auparavant. «C’est une très bonne initiative. Nous espérons à l’avenir que ce genre de rencontres soient menées même dans les villages et les chefs-lieux communaux afin de vulgariser au mieux cette idée d’investissement agricole. Maintenant, main dans la main, nous devons être au diapason afin de ne plus défendre uniquement du pétrole parce que notre pays peut s’en passer grâce aux autres potentialités qu’il recèle, à savoir l’agriculture et le tourisme», dira un éleveur d’Aïn Zaouia.
Amar Ouramdane

