Peut-on parler de troisième âge, en Algérie, comme on en parle dans les pays développés. En quoi cette catégorie de personnes, qui a atteint l’âge de la retraite, se distingue-t-elle des autres ? Comment vit-elle ? Et surtout, comment passe-t-elle le temps ? Si dans les pays développés, le troisième âge est de plus en plus vécu comme un ‘’second âge’’ où les activités de loisir- sport, tourisme, clubs culturels- jouent un rôle de plus en plus important, chez nous, notamment dans les campagnes, la vieillesse est souvent vécue comme un fardeau. Le vieillard, surtout s’il est malade où impotent, tient de la place, et coûte de l’argent. Quand il est retraité, notamment s’il s’agit de devises, on profite bien de son argent, si non, on lui fait sentir qu’il est une charge, si on ne l’envoie pas dans un foyer pour personnes âgées. Beaucoup de retraités, redoutant l’oisiveté et l’ennui, se cherchent un petit travail, généralement dans le gardiennage, ce qui leur permet de faire entrer encore de l’argent, et donc d’être utiles. Ceux qui ne travaillent pas ont encore la possibilité de se rendre utiles, en accompagnant les enfants à l’école ou en faisant le marché. Le seul loisir reste de café où l’on passe son temps à jouer aux dominos ou à bavarder entre personnes âgées… Pour beaucoup, la vie est finie et l’on borne son existence à l’attente de la mort…Il faudra encore du temps avant que la situation sociale des personnes âgées change. Mais en attendant, ne peut-on pas leur apporter l’assistance morale dont ils ont besoin ? Après tout, chacun de nous est appelé à devenir une personne âgée…
S. Aït Larba
