M'Chedallah – Foisonnement des vendeurs à la criée

C’est une spectaculaire prolifération de vendeurs à la criée qui est constaté dans la région de M’Chedallah depuis ces cinq dernières années. Ces vendeurs sillonnent en particulier les villages de montagne des communes de Saharidj et Aghbalou, faisant carrément du porte à porte en proposant divers produits aux populations locales. Parfois, ils font subir un véritable harcèlement aux ménagères et mères de famille, ne se contentant plus de proposer leur marchandise à gorge déployée et à coup de stridents klaxons, il leur arrive aussi de voir les plus zélés tambouriner sur les portes pour signaler leur présence. Certains villageois assimilent cette méthode à une « guérilla ». Excédés par ces comportements, car se sentant dérangés, des villageois chassent ces vendeurs auxquels ils proposent d’aller s’installer sur les places publiques des villages. Au niveau de certains villages à l’image de Takerboust, le comité de sage a pris, ces derniers moins, la décision de refuser l’accès de ces vendeurs dans les quartiers. Ils leur proposent en contrepartie des espaces sur la place publique où ils peuvent écouler leurs marchandises. Il faut signaler que l’écrasante majorité de ces vendeurs viennent hors wilaya. Ils proposent toute une variété d’articles allant des fruits et légumes, des ustensiles de cuisines, des poteries ou des fardeaux de boissons d’une qualité douteuse, des détergents ou produits cosmétiques. Cela pour ceux véhiculés, d’autres font dans la récupération de tout ce qui est fer, bronze ou plastique. Ceux qui se déplacent à pied proposent de la friperie, des bijoux en cuivre ou en argent. Les citoyens les laissent faire quand il s’agit de vendeurs qui affichent du sérieux, mais il arrive que d’autres qui ont des mines peu rassurantes soient chassés sans ménagement. Car, les villageois se souviennent encore des tentatives de kidnapping d’enfants signalés ici et à là à travers la région. À l’origine de ces tentatives, des personnes étrangères aux villages qui se font passer pour des commerçants ou parfois des mendiants. Du coup, les villageois se méfient de ces vendeurs. Devant cette situation caractérisée par l’anarchie, il est temps que les organismes étatiques, notamment les services du commerce, se penchent sur ce phénomène de vendeurs à la criée qui prend des proportions inquiétantes. Un créneau qui a tendance à investir les villages, s’éloignant des milieux urbains où il existe pourtant de placettes et des espaces où les vendeurs ambulants pourraient écouler leur marchandise.

O. S.