Comme prévu, une conférence sur l’implantologie orale, intitulée «historique et évolution des concepts de l’implantologie orale», a été tenue, au niveau de la bibliothèque communale de Draâ El-Mizan. Une colloque animé par l’éminent professeur Farid Derradji, en sa qualité de chef de service de chirurgie dentaire à l’EHS docteur Maouche d’Alger et membre-associé étranger à l’Académie française de chirurgie dentaire. Il faut noter que cette conférence a été particulièrement suivie par des chirurgiens dentistes expérimentés, mais aussi par des étudiants en chirurgie dentaire. D’emblée, le conférencier a débuté son exposé par l’historique de l’implantologie depuis la civilisation des Incas. Mais, le plus frappant est lorsqu’il apprendra à l’assistance, en montrant des images sur data show, que le crane du premier homme ayant subi l’implantologie orale a été découvert en Algérie : le crâne de Farid Souar 2 datant de 7500 ans. «On a retrouvé sur lui le premier implant artificiel en bois», a-t-il expliqué. «Le premier implant serait-il algérien ?», s’interroge-t-il. Et de préciser: «C’est un crâne découvert en 1954 par G. Laplace ». Ensuite, le conférencier est passé à la période médiévale en Europe (1000 à 1800) avec les recherches et les travaux d’Ambroise Paré (1510- 1590), qui serait, selon toutes les études, le père de la chirurgie moderne. L’intervenant s’est, par la suite, étalé sur la période fondamentale en Amérique du Nord entre 1856 et 1930, une période marquée par l’implantation de dents naturelles par Young ( 1856-1876), avant de passer à une autre étape, aussi importante que les autres, avec Berry (1888) qui orientera la discipline vers les principes de la biocompatibilité et de stabilité primaire. «Avec Berry, c’était la nécessité d’une stabilité immédiate de l’implantation en utilisant des matériaux sûrs », a-t-il souligné. Le professeur Derradji a été amené à évoquer le début de l’implantologie moderne (1930 -1970). «C’était alors la période où tout allait être tenté et expérimenté : différentes techniques chirurgicales, insertion axiale, latérale, vissée, non enfouie…», a-t-il informé les professionnels, qui suivaient avec attention cette communication. Il a aussi cité les différents matériaux utilisés, comme le titane, la porcelaine… Poursuivant son cours sur l’historique des implants, il a lâché : «C’était de la folie jusqu’à 1970, il y a eu beaucoup d’échecs quand on sait que 90% des implants ne résistaient pas au-delà de 5 ans». L’orateur a enchaîné, en passant en revue la méthode utilisée par le professeur Branemark, un Suédois, entre 1970 et 1980. Celui-ci utilisait même des matériaux recueillis dans les usines d’aéronautique de l’ex-URSS. En tout cas, grâce à sa pédagogie et à son expérience dans cette spécialité, le professeur Derradji est revenu sur tous les concepts d’implantologie, notamment de ces dernières années, avec les outils modernes en faisant assister la conception des implants par ordinateur. Le conférencier a, donc, par son expérience, mis en valeur une discipline jusque-là méconnue du grand public. Dans le dernier chapitre de son exposé, le professeur Derradji s’est étalé sur le développement des concepts de l’implantologie durant ces dernières années, avec toutes les nouvelles techniques mises au point par les chercheurs. Il a terminé son intervention par les dernières innovations et les nouvelles perspectives dans ce domaine. Au terme de cours magistral, la parole a été donnée aux étudiants et étudiantes. Une séance questions-réponses riche en informations s’en est suivie. L’assistance souhaite que le professeur Derradji réédite ce genre de rendez-vous dans la région, pour s’enquérir des nouveautés dans la conception et la fabrication, assistées par ordinateur.
A. O.
