La pollution dans la région de M'chedallah prend des proportions alarmantes. Plusieurs facteurs contribuent à cette progressive catastrophe qui peut pourtant être maîtrisée à moindre coût.
Les alignements discontinus de carrières d’agrégats sur les flans nord du Chréa, entre les gorges des porte de fer aux frontières est de la commune d’Ath Mansour, et M’laoua dans celle d’El-Adjiba, dont certaines ne se sont pas conformes à la réglementation, notamment pour l’installation de filtres anti-poussières et le dosage de l’explosif, contribuent d’une manière effrénée à la pollution de l’environnement immédiat. Un cas que ne cesse de dénoncer le mouvement associatif local, les élus et la société civile. L’exemple de cette dramatique pollution est la rivière qui traverse la vallée du Sahel pour rejoindre celle de la Soummam. Ce cours d’eau reçoit la totalité des rejets d’assainissement de la douzaine de communes des daïra de M’chedallah et Bechloul. Ses berges sont de véritables dépotoirs sauvages. Assif N’Sahel, compte un projet de réalisation de deux (02) stations d’épuration inscrit et retenu en 2011 et dont la commission de wilaya a approuvé le choix du terrain des deux assiettes proposées pour recevoir ces indispensables ouvrages. La première assiette est au lieu-dit Achadhoukh, à proximité de Raffour, et la seconde à Toghza dans la commune de Chorfa. Ces deux projets ont été depuis relégués aux calendes grecques. La défaillance de la collecte des ordures ménagères, pour diverses raisons et dans la plupart des communes, malgré la mise en service du centre d’enfouissement technique (CET) d’Ahnif en 2016, destiné à six (06) des douze communes des deux daïra précitées, est un autre cas non négligeable de pollution. A tout cela s’ajoute l’incivisme de la population notamment les adeptes de la boisson alcoolisée et des commerçants tant fixes qu’ambulants qui ont leur part dans la pollution en jetant leurs déchets dans la nature. Cette lamentable situation est due à l’absence totale sur le terrain des nombreux services de l’État directement concernés, mais aussi de la clémence des lois en vigueur envers les pollueurs. Le nouveau phénomène qui porte un coup fatal à l’environnement est sans conteste les incendies en séries durant la saison estivale, aggravé par un autre phénomène qui prend des proportions effarantes ces cinq dernières années : les défrichements sauvages et débridés. Des défrichements perpétrés sur le tissu végétal forestier dont aucune commune n’est épargnée. La touche finale de destruction des légendaires forêts de la circonscription de M’chedallah, est apportée par l’ouverture d’innombrables pistes en plein milieu de ces forêts. Ces forêts sont de véritables pépinières de pins d’Alep. Par endroit, des pistes ont été réalisées dans le programme de lutte contre les incendies et le terrorisme, d’autres pour le passage d’ouvrages d’utilité publique comme l’AEP, le gaz naturel et les lignes électriques affectant considérablement ces forêts. Ces ouvrages étatiques sont confiés à des entreprises. Mais, après les travaux, aucune de ces entreprises n’a procédé à la dernière close du cahier des charges, qui est la remise en état des lieux et qui n’est autre dans le présent cas qu’une opération de reboisement des surfaces dénudées par les gros engins des travaux publics dont les moins larges sont de 20 mètres.
Oulaid Soualah

