Docteur en droit du développement, l’universitaire et journaliste Amar Belhimer a animé, samedi après-midi au centre culturel Rahmani Slimane d’Aokas, une conférence-débat à l’invitation du café littéraire de la localité. Venu présenter son dernier livre, titré «Les dix nouveaux commandements de Wall Street», l’auteur s’est évertué à expliquer le contenu de cet ouvrage, dont le titre à connotation religieuse inspire une certaine curiosité. Le conférencier s’étalera sur les nouveaux «commandements du néolibéralisme» et dira qu’il a utilisé le nouveau testament comme structure de rédaction, car il a été imposé au monde comme une voie à suivre, à savoir celle de l’argent et autres règles fondatrices du néolibéralisme à travers le consensus de Washington. Il s’étalera sur «les dix nouveaux commandements de Wall Street» dont le premier n’est autre, pour l’auteur, que la discipline budgétaire, puis vient la répartition des dépenses publiques, en faisant fi des subventions excessives et inutiles, avant de citer le troisième commandement en relation ave les formes fiscales lesquelles soulagent les nantis et aggravent les inégalités. La libration financière par la libre circulation des capitaux, alors qu’on interdit aux personnes de se déplacer, le taux de change non compétitif, dont l’objectif est de dompter la Chine, qui réduit ses droits de douanes, les barrières douanières et tarifaires qui sont condamnées et l’investissement direct étranger sont, pour le conférencier, les 4e au 7e commandements. Les trois derniers se rapportent respectivement à l’éviction de l’Etat de toutes les sphères, y compris industrielle, le dérèglement du concept de droit pour que le néolibéralisme supplante le libéralisme et, enfin, la protection de la propriété intellectuelle. Durant les débats, l’orateur soulignera qu’à l’exception de l’Allemagne, qui est un pays créancier, tous les autres sont endettés à coups de milliers de milliards de dollars, à l’instar des USA ou de la France. L’endettement est, pour ce docteur d’État, un privilège pour les pays développés alors que pour les autres pays, c’est une soumission au néolibéralisme. Une sorte de mise sous tutelle de l’économie nationale. D’ailleurs, l’Algérie n’en a échappé qu’en 2003, lors du remboursement par anticipation de la dette. Le conférencier avouera que l’ordre économique mondial n’est plus qu’un vieux souvenir qui a laissé place à une autocratie. Cette conférence a été clôturée par une vente-dédicace de l’ouvrage de l’auteur qui a informé l’auditoire de la publication prochaine d’un autre livre.
A Gana.
