Des dizaines de citoyens du village d’Ath Ibrahem, relevant de la commune de M’Chedallah, à l’Est de la wilaya de Bouira, sont montés au créneau, hier, en procédant à la fermeture de l’antenne commerciale de l’Algérienne des eaux (ADE) locale.
Les citoyens protestataires contestent des «factures exagérées» de l’ADE délivrées récemment. En plus de ce fait, les protestataires dénoncent ce qu’ils ont qualifié de «menaces» de poursuites judiciaires que l’ADE de M’Chedallah a délivré contre eux. Ils réclament, ainsi, un assainissement général de leurs créances et de leurs situations, ainsi que l’envoi d’une commission technique de l’ADE pour procéder au relèvement correct des compteurs d’eau potable installés récemment dans le village. Les protestataires ont également mentionné le fait que leur village est alimenté en eau potable à partir de la source noire (Laïnsar averkan), à l’image de la majorité des localités de la commune de M’Chedallah, mais ce village demeure le seul où des compteurs ont été installés. Ils réclament, ainsi, la généralisation de l’opération d’installation des compteurs dans l’ensemble des villages voisins : «La majorité des factures sont exagérées et surtaxées. Certaines factures sont taxées à plus de 10 000 DA ! Ce n’est pas normal, puisque notre moyenne de consommation est correcte et nous ne nécessitons pas de grosses quantités d’eau potable dans nos maisons. Nous réclamons un assainissement général de cette situation et une nouvelle relève des compteurs. Au lieu de répondre à des revendications légitimes de leurs clients, l’ADE de M’Chedallah nous menace de poursuites judiciaires. C’est ce qui nous a poussés à protester aujourd’hui (hier ndlr)», explique l’un des protestataires. Et d’enchainer : «Il n’est pas aussi normal que les compteurs de l’ADE ne sont installés qu’au niveau de notre village, alors que ce n’est pas le cas pour les villages voisins, où les citoyens continuent de consommer gratuitement le produit. Cette opération doit être généralisée sur l’ensemble des localités alimentées à partir de la source noire». Hier matin vers 10h, un délégué de la direction de l’ADE de Bouira a été dépêché sur les lieux de la protestation pour recevoir les doléances des protestataires. Ces derniers ont fini par libérer le siège de l’antenne commerciale et se sont réunis avec le représentant de la direction de wilaya. Selon les protestataires, une deuxième réunion avec le directeur de l’ADE a été décidée pour demain, mardi. À noter, enfin, que la direction de wilaya de l’ADE a assuré, dans un communiqué adresser à la presse, qu’il s’agit de «démarches réglementaires entamées contre des clients de l’ADE, dans le but de récupérer des créances, dont certaines s’élèvent à plus de 10 000 DA». Le communiqué précise aussi que «les agents de l’ADE sont confrontés à de sérieux problèmes et même à des menaces au niveau de cette localité, et n’arrivent pas à effectuer normalement leurs tâches, notamment celles de la relève des compteurs et la coupure de l’alimentation». L’ADE ajoute que des poursuites judiciaires ont été entamées, hier dimanche, contre les clients qui refusent de régler leurs dettes.
Oussama. K

