L’opération “un micro-ordinateur pour chaque famille” piétine

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Si au lendemain du lancement de la formule Ousratic initiée pour que chaque famille ait son micro-ordinateur, un formidable engouement a été ressenti chez de nombreuses familles, quelques mois après, beaucoup d’entre elles ont renoncé à cette formule. Même au niveau des agents désignés pour prendre en charge ce projet, nous avons remarqué un certain pessimisme. L’un d’eux nous a déclaré que les banques n’ont pas joué le jeu comme il se doit. De nombreux demandeurs, qui attendent depuis longtemps la livraison du matériel, commencent déjà à désespérer. Le plus grand problème est rencontré par ceux qui n’ont qu’un compte CCP. “Pour espérer participer à cette opération, on nous demande d’aller délivrer une autorisation de retrait sur compte au niveau du centre des chèques postaux d’Alger. Vraiment, ce ne sont que des tracasseries supplémentaires. Certains revendeurs de matériel informatique font des facilités meilleures carrément, et parfois moins cher”, nous a confié un postulant ayant relancé après toutes les entraves parsemées devant lui. Et de donner un argument de taille : “Certes, une fois que votre dossier est accepté, vous pouvez acquérir votre PC en ne versant aucun apport initial personnel. Mais avec de petits calculs, j’ai trouvé que je paierai au bout de dix-huit mois une somme de 18000 dinars en terme d’intérêts; et peut être, c’est l’une des raisons qui a démobilisé plus d’un”. Au demeurant, les enseignants,à titre d’exemple, ont préféré acquérir ce matériel ô combien devenu indispensable pour chaque famille en le commandant auprès de leurs œuvres sociales. “La Coopérative des travailleurs des œuvres sociales a lancé l’opération avec facilité de paiement. Au moins, là-bas, il n’y a pas d’intérêts sauf la marge bénéficiaire. Le dossier n’est pas aussi compliqué. On peut acquérir son micro-ordinateur en une journée”, pense cet enseignant du secondaire. Pour les autres fonctionnaires, certains ont recours à des fournisseurs de la région avec qui ils s’entendent, qui leur accordent des facilités échelonnées sur quelques mois. En tout cas, nous avons constaté que de nombreuses familles ont acquis cet outil. D’ailleurs, les enseignants ont remarqué que leurs élèves maîtrisent de plus en plus l’informatique. Peut être qu’avec l’entrée d’autres opérateurs en plus de ceux déjà existants, le matériel sera disponible. C’est à cette condition que toutes ces procédures aussi contraignantes les unes que les autres seront allégées. Le souhait de tout père de famille est de mettre entre les mains de ses enfants ce moyen que d’aucuns qualifient de “Révolution du siècle” en attendant la connexion à l’ADSL qui a fait son entrée dans la région. Ceci a fait dire à plusieurs personnes qu’on ne parle plus du téléphone qui ne sonne plus mais plutôt de connexion.

Amar Ouramdane

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